Challenge, Littérature française, Roman, Thriller/policier

Crime gourmand

Lorsque Frogzine a dévoilé le premier thème de son Challenge Mystère (une histoire qui se passe dans le milieu culinaire), je me suis précipitée vers la bibliothèque de ma sœur Cyrielle, passionnée de cuisine et de toute littérature dédiée. J’ai rapidement mis la main sur ce roman, au titre et à la quatrième prometteurs. Malheureusement, sa lecture fut une petite déception pour moi.

La crème ne prend pas

L’intrigue, mince, sans consistance et menée sans aucune originalité, est compensée par de nombreuses digressions sur la région, la littérature et – cela va de soi – la gastronomie. L’idée aurait pu être bonne. Elle m’a même séduite au début de l’ouvrage. Toutefois, les anecdotes faussement érudites sont amenées tellement artificiellement qu’elles finissent par plomber le récit. On oscille entre l’extrait tiré de Wikipedia et le guide touristique. Même les allusions à Proust ont fini par me lasser. Bref, ma découverte de la série des « Crimes gourmands » s’arrêtera là. Pourtant l’idée semblait alléchante.

Références

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La Crème était presque parfaite

Noël Balen, Vanessa Barrot
Points
2017
♥♥

Le Bocage gourmet, restaurant situé au coeur du Calvados, doit sa réputation à sa célèbre sauce à base de crème fraîche, dont la composition est jalousement conservée. La critique gastronomique Laure Grenadier, accompagnée de son photographe Paco Alvarez, a décidé de consacrer le prochain numéro du magazine Plaisirs de table aux produits fermiers de Normandie. Pour débuter son reportage, elle fait halte dans cette institution du pays d’Auge afin de dresser le portrait de son chef. Mais le repas vire bientôt au cauchemar et se termine dans les locaux de la gendarmerie. Plusieurs clients sont victimes de la fameuse crème dont les ingrédients alourdissent singulièrement l’atmosphère.Promotion immobilière et protection du littoral, implantation d’un nouveau lieu de commémoration, extension contestée d’un luxueux haras récemment acquis par des princes qataris, un faisceau d’indices conduit à penser que certains représentants de la République étaient précisément visés.

Bandes dessinées, Rendez-vous, Roman, Thriller/policier

C’est lundi, que lisez-vous ? #1

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes : 

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Balenbarrotcrème_250La Crème était presque parfaite
Noël Balen & Vanessa Barrot
Points 2017

Au cœur du Calvados, le restaurant Le Bocage gourmet doit sa célébrité à sa fameuse sauce à la crème fraîche. La réputation de son chef n’est plus à prouver, jusqu’à ce déjeuner qui vire au cauchemar : plusieurs clients décèdent brutalement. La crème est-elle en cause ? Laure Grenadier, critique gastronomique en reportage dans la région, se plonge dans les secrets empoisonnés du terroir normand.

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

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Fausses Promesses
Linwood Barclay
Belfond Noir 2017

Il s’en passe de belles à Promise Falls, charmante bourgade de trente-six mille âmes. Des agressions répétées sur le campus, un nourrisson kidnappé par un « ange », une femme sauvagement assassinée dans sa cuisine. Et vingt-trois écureuils retrouvés pendus à la grille du parc. Ce coin paumé des États-Unis serait-il devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les esprits dérangés ? C’est bien ce qui affole le débonnaire inspecteur Barry Duckworth, dont la pression artérielle ne cesse de grimper : quel genre de psychopathe aurait pris ses quartiers en ville ? Y a-t-il seulement un lien entre tous ces faits divers ?
La chasse au crime commence. Aidé de David Harwood, père de famille déprimé et journaliste au chômage, Duckworth se lance dans une déroutante enquête, qui ne tarde pas à virer au cauchemar. Qui a dit que Promise Falls était une petite ville tranquille ?

Que vais-je lire ensuite ? 

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Princesse Sara T.1
Audrey Alwett & Nora Moretti
Soleil 2011

Sara a toujours vécu aux Indes, quand son père, le capitaine Crewe, l’emmène parfaire son éducation dans un pensionnat de jeunes filles à Londres. Les amitiés se révèlent avec Ermengarde et la petite Lottie, et les inimitiés avec cette peste de Lavinia et surtout la directrice pète-sec : Miss Minchin Néanmoins, grâce à sa richesse et son talent dans tous les domaines Sara devient vite la star du pensionnat, d’autant que son père lui envoie des lettres surprenantes : il investirait dans des mines de diamants… Miss Minchin rivalise d’imagination pour flatter et gâter son élève, jusqu’au jour où deux avoués se présentent au pensionnat. Le capitaine Crewe est mort ruiné, laissant sa fille sans le sou.

Littérature anglaise, Roman

Tea Time

Cranford est une petite bourgade anglaise où évolue une population presque exclusivement féminine. Et force est de constater qu’il ne s’y passe pas grand chose. Pourtant, c’est avec délice que le lecteur découvre les petits riens du quotidien de ces « amazones », autour d’une tasse de thé – pas trop sucrée, économies domestiques obligent.A force de lire un peu partout que la plume d’Elisabeth Gaskell ressemblait à celle de Jane Austen, je ne pouvais passer à côté de cette lecture. D’autant que le livre est dans ma bibliothèque depuis quelques années déjà et que la couverture est une invitation à elle toute seule !

Petites mesquineries et autres préjugés

Ce deuxième roman d’Elizabeth Gaskell a paru en feuilleton en 1851 dans l’hebdomadaire Household Words, une publication sous la direction de Charles Dickens. Il en résulte, malgré une édition revue et corrigée en volume, l’impression d’un roman un peu décousu, dépourvu d’un fil conducteur et d’une intrigue solide.

Ceci étant dit, on n’en apprécie pas moins le récit de la narratrice, Mary Smith, qui, à l’occasion des séjours réguliers qu’elle fait à Cranford, croque avec bienveillance la petite vie provinciale de ses hôtes et amies. On y savoure les us et coutumes de ces vieilles filles et veuves, emblématiques de la landed gentry, cette bonne société anglaise modeste attachée à ses valeurs, mais non départie de ses petites mesquineries et autres préjugés.

Tout comme celle de Jane Austen – mais avec moins de subtilité et de piquant – la plume d’Elizabeth Gaskell n’est en effet pas dépourvue d’ironie et on sent poindre, sous le portrait tendre et (parfois trop) indulgent, la critique de ce microcosme et de sa fausseté.
J’ai apprécié l’humour, bien dosé, l’ambiance victorienne et la finesse du style, mais regretté parfois la candeur du propos et quelques longueurs. Ce qui ne m’empêchera pas de poursuivre la découverte

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Cranford
[1851]
Elizabeth Gaskell
Points
2012
♥♥♥♥♥

Mesdames, avez-vous vu ? Un gentleman s’est installé avec ses deux filles à Cranford, un certain capitaine Brown. Il aurait clamé haut et fort l’état médiocre de ses finances ! On lui doit cet abominable chemin de fer qui vient de la bourgade voisine. Accompagnez-moi à l’heure du thé : allons lui rendre une visite de courtoisie pour lui montrer comment les choses se passent chez nous, à Cranford.