Bébé livré !

« Elle commença à baisser son fusil. Si elle me tirait dessus maintenant, ce serait ma poitrine qui serait emportée et pas ma tête. Un léger mieux, peut-être ».

Promise Falls, état de New York, aujourd’hui. Après le décès de sa femme et la faillite du journal pour lequel il bossait, David Harwood se voit obligé de retrouver sa ville natale de Promise Falls, pour s’installer chez ses parents. Pour tuer le temps, David décide rend visite à sa jeune cousine Marla, fragilisée par la perte brutale de son bébé, quelques mois plus tôt. Mais à son arrivée, la jeune femme a un nourrisson dans les bras, un petit garçon qu’elle dit lui avoir été remis par un ange. Une adresse laissée sur la poussette du bébé conduit David à la résidence huppée des Gaynor… dont la femme, Rosemary, baigne dans une mare de sang, le ventre lardé de coups de couteau. L’effroi est total : Marla aurait-elle totalement perdu pied ? Comment une fille aussi douce pourrait-elle être la responsable d’un tel carnage ? Le cerveau du journaliste est en ébullition. Bien décidé à prouver l’innocence de sa cousine, David décide d’assister le débonnaire détective Barry Duckworth dans cette affaire exceptionnelle. Et ce dernier ne manque pas d’occupation. Car si ce crime est traité de manière prioritaire, il vient s’ajouter à une longue liste de faits étranges : pendaison d’écureuils, agressions sur le campus… Y a-t-il un lien entre tous ces crimes ? Qui a dit que Promise Falls était une ville tranquille ? (quatrième de couverture)

Je me dois d’être sincère, il n’y a plus aucune objectivité de ma part lorsque je chronique Linwood Barclay. J’en suis inconditionnelle au point d’être happée par ses romans dès les deux premiers chapitres et de dévorer le tout en quelques heures.
Fausses Promesses ne fait donc pas exception et  je me réjouis à l’idée que ce  volume soit le premier d’une future trilogie. Du coup, ne vous attendez pas à voir résolues toutes les intrigues, dévoilées – à mon sens à tort – par la quatrième de couverture. Au risque d’une frustration assurée ! Les aficionados reconnaîtront, quant à eux et non sans plaisir, certains des personnages de Ne la quitte pas des yeux et des Voisins d’à côté. Pour autant, Fausses Promesses peut être lu sans aucune connaissance du contexte des romans précédents.

Barclaypromesses_250En ce qui concerne l’intrigue principale, elle est dense et habilement construite, comme toujours, alternant les points de vue, rythmée, prenante, même s’il faut reconnaître que l’auteur nous a habitués à davantage de rebondissements. Toutefois, on retrouve avec plaisir ce qui fait de Barclay un des maîtres du thriller. Mise en scène de héros malgré eux (le personnage principal se demande lui-même s’il n’est pas un loser) et rendus d’autant plus attachants. Humour et traits d’esprit qui viennent contrebalancer – sans l’affaiblir – le sérieux des sujets abordés (maternité, perte d’un enfant, secrets familiaux, folie…). Tension, suspense, tours et détours jusqu’au dénouement final, toujours surprenant (même si un peu en deçà de mes attentes, du fait des mystères non élucidés… patience…). En bref, Barclay nous mène par le bout du nez… et on en redemande !

Merci aux éditions Belfond Noir, via Netgalley, de m’avoir permis de lire mon auteur de thriller préféré !

Linwood Barclay, Fausses Promesses, Belfond Noir, 2017, ♥♥♥♥♥

C’est lundi, que lisez-vous ? #2

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes : 

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Barclaypromesses_250

Fausses Promesses
Linwood Barclay
Belfond Noir 2017

Il s’en passe de belles à Promise Falls, charmante bourgade de trente-six mille âmes. Des agressions répétées sur le campus, un nourrisson kidnappé par un « ange », une femme sauvagement assassinée dans sa cuisine. Et vingt-trois écureuils retrouvés pendus à la grille du parc. Ce coin paumé des États-Unis serait-il devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les esprits dérangés ? C’est bien ce qui affole le débonnaire inspecteur Barry Duckworth, dont la pression artérielle ne cesse de grimper : quel genre de psychopathe aurait pris ses quartiers en ville ? Y a-t-il seulement un lien entre tous ces faits divers ?
La chasse au crime commence. Aidé de David Harwood, père de famille déprimé et journaliste au chômage, Duckworth se lance dans une déroutante enquête, qui ne tarde pas à virer au cauchemar. Qui a dit que Promise Falls était une petite ville tranquille ?

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

Princessesara1_250

Princesse Sara T.1
Audrey Alwett & Nora Moretti
Soleil 2011

Sara a toujours vécu aux Indes, quand son père, le capitaine Crewe, l’emmène parfaire son éducation dans un pensionnat de jeunes filles à Londres. Les amitiés se révèlent avec Ermengarde et la petite Lottie, et les inimitiés avec cette peste de Lavinia et surtout la directrice pète-sec : Miss Minchin Néanmoins, grâce à sa richesse et son talent dans tous les domaines Sara devient vite la star du pensionnat, d’autant que son père lui envoie des lettres surprenantes : il investirait dans des mines de diamants… Miss Minchin rivalise d’imagination pour flatter et gâter son élève, jusqu’au jour où deux avoués se présentent au pensionnat. Le capitaine Crewe est mort ruiné, laissant sa fille sans le sou.

Que vais-je lire ensuite ? 

CrimeLe Crime de l’Orient-Express
Agatha Christie
Livre de Poche [1975]

Par le plus grand des hasards, Hercule Poirot se trouve dans la voiture de l’Orient- Express – ce train de luxe qui traverse l’Europe – où un crime féroce a été commis.
Une des plus difficiles et des plus délicates enquêtes commence pour le fameux détective belge.
Autour de ce cadavre, trop de suspects, trop d’alibis.

Le petit bonheur hebdomadaire #5

Barclaypromesses_250A l’initiative de Pause Earl Grey, ce rendez-vous est une invitation à partager, chaque vendredi, un petit bonheur, tout simplement. Une jolie idée qui s’inscrit plus globalement dans mon envie de positiver et de mieux profiter en pleine conscience du quotidien.

Parce que si je ne devais plus lire qu’un seul auteur de thrillers, ce serait lui : chacune des parutions de Linwood Barclay est un petit bonheur que je ne boude pas !

 

C’est lundi, que lisez-vous ? #1

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes : 

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Balenbarrotcrème_250La Crème était presque parfaite
Noël Balen & Vanessa Barrot
Points 2017

Au cœur du Calvados, le restaurant Le Bocage gourmet doit sa célébrité à sa fameuse sauce à la crème fraîche. La réputation de son chef n’est plus à prouver, jusqu’à ce déjeuner qui vire au cauchemar : plusieurs clients décèdent brutalement. La crème est-elle en cause ? Laure Grenadier, critique gastronomique en reportage dans la région, se plonge dans les secrets empoisonnés du terroir normand.

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

Barclaypromesses_250

Fausses Promesses
Linwood Barclay
Belfond Noir 2017

Il s’en passe de belles à Promise Falls, charmante bourgade de trente-six mille âmes. Des agressions répétées sur le campus, un nourrisson kidnappé par un « ange », une femme sauvagement assassinée dans sa cuisine. Et vingt-trois écureuils retrouvés pendus à la grille du parc. Ce coin paumé des États-Unis serait-il devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les esprits dérangés ? C’est bien ce qui affole le débonnaire inspecteur Barry Duckworth, dont la pression artérielle ne cesse de grimper : quel genre de psychopathe aurait pris ses quartiers en ville ? Y a-t-il seulement un lien entre tous ces faits divers ?
La chasse au crime commence. Aidé de David Harwood, père de famille déprimé et journaliste au chômage, Duckworth se lance dans une déroutante enquête, qui ne tarde pas à virer au cauchemar. Qui a dit que Promise Falls était une petite ville tranquille ?

Que vais-je lire ensuite ? 

Princessesara1_250

Princesse Sara T.1
Audrey Alwett & Nora Moretti
Soleil 2011

Sara a toujours vécu aux Indes, quand son père, le capitaine Crewe, l’emmène parfaire son éducation dans un pensionnat de jeunes filles à Londres. Les amitiés se révèlent avec Ermengarde et la petite Lottie, et les inimitiés avec cette peste de Lavinia et surtout la directrice pète-sec : Miss Minchin Néanmoins, grâce à sa richesse et son talent dans tous les domaines Sara devient vite la star du pensionnat, d’autant que son père lui envoie des lettres surprenantes : il investirait dans des mines de diamants… Miss Minchin rivalise d’imagination pour flatter et gâter son élève, jusqu’au jour où deux avoués se présentent au pensionnat. Le capitaine Crewe est mort ruiné, laissant sa fille sans le sou.

Duel

Deux thrillers, deux rapts d’enfant et deux romans que j’ai dévorés l’un après l’autre, sans présager de leurs points communs. Difficile à l’issue de ne pas être tentée de les comparer… Une fois n’est pas coutume, un petit duel Abbott – Lapena !

Abbottdisparue_250Une route de campagne verglacée. Une voiture qui perd le contrôle : la conductrice est tuée sur le coup ; Natasha, sa fille de six ans assise à l’arrière, se volatilise sans explication. Quelques années plus tard, David fait de son mieux pour se reconstruire après le drame qui a emporté sa femme et sa fille. Il forme désormais un couple heureux avec la douce Emma et le petit Ollie, adorable bambin de dix-huit mois qui comble leur foyer. Mais un jour, une inconnue débarque dans leur cuisine. Natasha. Où était-elle toutes ces années ? Comment a-t-elle retrouvé le chemin de la maison ? Si David est fou de joie, Emma, elle, se sent vulnérable devant cette adolescente silencieuse. Cadeau ou malédiction ? Que cache le retour de la disparue de Noël ?

Rachel Abbott, La Disparue de Noël, Belfond, 2018, ♥♥♥♥♥


Lapenacouple_250

Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins. Au dernier moment, la baby-sitter leur fait faux bond. Qu’à cela ne tienne : ils emportent avec eux le babyphone et passeront toutes les demi-heures surveiller le bébé. La soirée s’étire. La dernière fois qu’ils sont allés la voir, Cora dormait à poings fermés. Mais de retour tard dans la nuit, l’impensable s’est produit : le berceau est vide. Pour la première fois, ce couple apparemment sans histoire voit débarquer la police chez lui. Or, la police ne s’arrête pas aux apparences… Qu’est-ce que l’enquête va bien pouvoir mettre au jour ?

Shari Lapena, Le Couple d’à côté, Presses de la cité, 2018, ♥♥♥♥♥

 La couverture

En bonne midinette éprise de Noël et d’hiver, j’ai été immédiatement attirée par la couverture du roman de Rachell Abott, blanche de neige et rouge de sang. Néanmoins, celle de Shari Lapena n’est pas non plus pour me déplaire, même si plus convenueAbbott 1 – Lapena 0

Le titre

Après avoir lu La disparue de Noël, je crains que le choix du titre ne soit un opportunisme éditorial et commercial. L’ambiance des fêtes de fin d’année n’est absolument pas au centre de ce roman. En réalité, tout juste une mention : le chant de Noël qui accompagne l’assassinat liminaire. Bref, je donne un point au Couple d’à côté, qui à défaut d’être inventif, reste légitime en étant la traduction littérale du titre original. Abbott 0 – Lapena 1

L’intrigue

Le Couple d’à côté n’a pas volé son qualificatif de best-seller en Grande-Bretagne et aux États-Unis. C’est un très bon thriller, mené de main de maître et donnant la part belle à la psychologie trouble des personnages. L’enlèvement de la petite Cora est l’occasion de dévoiler les travers d’un couple aux multiples secrets, la perversité des voisins, les faux-semblants d’une famille des plus protectrices. Le lecteur est mené par le bout du nez tout au long des nombreux revirements qui font la singularité de ce roman. Coupables et victimes se mêlent et s’emmêlent, jusqu’au dénouement fatal.

Malgré toutes ces qualités, c’est La disparue de Noël qui l’emporte et je dois avouer ne pas avoir lu un si bon thriller depuis longtemps. Séquestration, secrets, mensonges, tractations, drames familiaux et amour maternel… J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce roman, avide d’en savoir toujours plus. Un page-turner dont l’intérêt réside notamment dans la qualité de l’intrigue plurielle, riche et très construite, mais aussi dans l’attachement progressif que l’on voue aux personnages principaux. Avec une mention particulière pour Emma, héroïne malgré elle mais maman avant tout. Bien écrit, prenant, efficace, sans les rebondissements un peu trop nombreux et spectaculaires dans Le Couple d’à côtéAbbott 1 – Lapena 0

L’ambiance

C’est un des points communs de ces deux romans : beaucoup de huis clos – notamment celui du cocon familial – qui entretiennent une atmosphère confinée, propice à l’introspection. J’aime ! Match nul ! Abbott 1 – Lapena 1

Le dénouement

C’est le point faible selon moi du Couple d’à côté. On a l’impression que l’auteur, à force de rebondissements spectaculaires n’a plus été en mesure de freiner son enthousiasme ! J’ai donc préféré la fin d’Abbott, plus optimiste et – je me suis laissé dire – suffisamment ouverte pour permettre une suite… Abbott 1 – Lapena 0

Résultat : Abbott 4 – Lapena 2

Je remercie les éditions Belfond et Presses de la Cité via Netgalley pour ces deux lectures, très appréciées !

Meurtre de proximité

« L’enfance est un manteau dont il est douloureux de se dévêtir
quand, dans le monde des adultes, le tempête fait rage ».

Une présentation des futurs protagonistes de la scène de meurtre. Un personnage et une psychologie par chapitre. Ainsi débute L’Innocence des bourreaux et cette entrée en matière originale et prenante est fidèle en cela à la plume efficace de Barbara Abel. Couple adultère, mère dépassée par l’éducation de son adolescent, dame âgée aigrie et son inséparable aide familiale, jeune maman et junkie en manque. Un florilège de personnages qui se retrouve, dans les pages suivantes, dans une supérette de quartier. Un lieu anodin qui se transforme en huis clos cauchemardesque, quand y surgit un homme, cagoulé et armé.

Ce qui n’aurait pu être qu’un braquage pour quelques euros devient bientôt une prise d’otages à l’issue fatale. Face au danger, la dualité des personnalités se révèle à l’occasion d’un rebondissement subtile : victimes et bourreaux ne sont pas alors ceux que l’on Abelinnocence_250imaginait. La tension croissante qui caractérise l’atmosphère de cette première partie, les renversements de situation et les réactions et ressentis de chacun des personnages rendent la lecture haletante et le roman atypique.

 

Pour moi, L’Innocence des bourreaux ne tient malheureusement pas ses promesses initiales. La seconde partie du roman (que je ne raconterai pas pour ne pas gâcher les effets de surprise) relate ce qui se passe après le drame – toujours pour chacun des personnages – en privilégiant néanmoins la fuite du meurtrier, soutenu par un des ses proches. Bien qu’intéressante pour les questions nombreuses qu’elle soulève (culpabilité, sacrifice, remords, choix de vie, folie, vieillesse, filiation…) et les tempéraments qu’elle continue à dévoiler, elle n’a pas su me captiver autant que les prémices de l’histoire. J’ai notamment regretté que certains portraits psychologiques restent inachevés, l’auteur ayant fait le choix d’une fin ouverte sur tous les possibles. Dommage…

Barbara Abel, L’Innocence des bourreaux, Belfond, 2015, ♥♥♥

Médecine en eaux troubles

« Je prête de l’attention à mes patients, ou je le leur fais croire. »

Grosse tuile en vue pour le Dr Marc Schlosser. Après le décès d’un de ses patients, le Conseil de l’Ordre l’a convoqué pour discuter d’une possible erreur médicale. Ennuyeux, certes, mais pas dramatique : les membres du Conseil, il les croise tous les week-ends sur les terrains de golf. Que risque-t-il, une tape sur la main ? Au pire, une petite suspension ? Sauf que le patient en question n’est autre que Ralph Meier, célébrissime acteur, idole nationale et accessoirement ami de la famille ; et que sa veuve a des doutes et compte bien le faire savoir… Pour elle, l’affaire est suspecte : Ralph est tombé malade juste après des vacances avec les Schlosser. Qui dit vrai ? Marc a-t-il raté son diagnostic ? Aurait-il « aidé » la maladie de Ralph ? Que s’est-il passé cet été-là, dans la villa avec piscine ? (quatrième de couverture)

Kochvillapiscine_250

Un roman qui se lit quasiment d’une traite, au style simple mais efficace. L’intrigue est plutôt sans surprise, mais les chapitres courts sont habilement menés pour tenir le lecteur en haleine. Plus encore, c’est le propos, volontairement désabusé et cynique, qui fait la saveur de cet ouvrage. Descriptions chirurgicales sans fard des patients et de leurs pathologies, discours réactionnaire contre la culture, critique du matérialisme, vision caricaturale de l’humain, du couple, des relations sociétales, de la bourgeoisie. Rien ne manque ! D’aucuns s’émouvront alors, comme pour Le dîner, de l’absence d’objectivité et de moralité des protagonistes, voire de l’auteur lui-même. Ce serait oublier que ces romans sont volontairement noirs, déstabilisants, dérangeants, choquants.
Ce serait omettre leur faculté à faire naître la réflexion, à amener le lecteur à s’interroger sur ses propres valeurs et réactions. Une provocation qu’on appréciera ou non, mais qui fait le style de Koch… Pour moi, un roman aussi intéressant que Le dîner, l’effet de surprise en moins.

Herman Koch, Villa avec piscine, Belfond, 2013, ♥♥♥♥