Miscellanées #1

Bonjour à vous !

Je retrouve enfin ces pages, après une pause imprévue. Ma santé m’a joué des tours. Du coup, j’ai pris de retard dans mes chroniques, mes lectures et mes visites et me suis rendue à l’évidence que ce petit espace et les vôtres me manquaient ! Heureuse donc de vous retrouver, avec l’envie de partager immédiatement quelques bonnes nouvelles, littéraires et bloguesques !

Pour commencer, quelques nouveaux abonnés à ce blog : bienvenue à Revanbane45, moonlightsymphonie, Viduite, leslivresderose, Flof’, Ô grimoire ! Sans oublier Jessica dont je fréquente le Bordel Culturel depuis longtemps (allez-y !), sans avoir le moins du monde deviné que je l’avais déjà croisée dans la vraie vie… La blogosphère est finalement petite !

Je vous invite également à rendre une petit visite à Nina qui propose, au menu de son Rest’o littéraire, un livre voyageur ! La première session – dont je fais partie – est complète, mais les inscriptions à la deuxième sont d’ores et déjà ouvertes. En voici le principe :

Un livre poche (Paulo Coehlo, Adultère). Un voyage d’un an. 12 mois et 12 participants. Chacun dispose ainsi d’un mois pour lire le livre, en faire une chronique, y écrire un petit mot sur les pages et le renvoyer au prochain sur la liste ! Le dernier boucle la boucle en renvoyant l’ouvrage à Nina qui le gardera précieusement !

Placeholder ImageAutre expérience  – que je renouvelle avec grand plaisir – celle du swap ! Il y a dix ans, alors que je faisais mes premières armes dans la blogosphère, je me souviens – pauvre étudiante désargentée ou presque – avoir économisé pour participer à l’un ou l’autre de ces merveilleux échanges ! J’en avais même organisé un ! Je me réjouis donc de participer à celui organisé par Rue Camille autour du thème de la rentrée. Le colis devra contenir au minimum : un livre, un objet de papeterie, une gourmandise ou un thé, le tout accompagné d’un petit mot. Tentés ? N’hésitez plus, les inscriptions sont encore ouvertes jusqu’à demain !

Et vous, quels projets à l’aube du mois de septembre  ?

Départ pour Montréal

« Sa grand-mère l’a serrée contre son cœur sans pouvoir rien dire, son grand-père ravalait ses larmes, seules ses sœurs se sont laissées aller à pleurer et abondamment. Elle-même n’a pas bronché, sa grosse valise posée à côté d’elle, les lèvres un peu tremblantes, mais pas trop ».

Dans ce roman d’apprentissage, au style délicat, le lecteur fait la connaissance d’une petite fille attachante qu’il accompagne au long d’un voyage difficile mais formateur, qui la contraint de quitter une famille aimante – et avec elle les douceurs d’une enfance ingénue – pour retrouver une mère qu’elle connaît trop peu.

Voyage onirique, roman d’apprentissage, portrait d’une famille méconnue

Au fil des escales, réelles ou oniriques, c’est un continent, mais aussi toute une série de protagonistes que l’on découvre en compagnie de Nana : des rencontres éphémères qui laissent entrevoir des personnalités riches et surprenantes et qui esquissent peu à peu une histoire familiale captivante.

Depuis que j’ai découvert, il y a longtemps déjà, la plume de ma chère Arlette Cousture, je suis toujours à le recherche d’ouvrages (ou mieux encore de sagas) évoquant, d’une manière ou d’une autre le Canada et son histoire. A défaut de pouvoir m’y rendre pour de vrai, j’y voyage au moins virtuellement !
Ce sublime roman a comblé mes attentes, puisqu’outre l’évocation du Canada du début du siècle dernier, j’y ai retrouvé retranscrits, pour mon plus grand plaisir, une langue et un accent que j’aime tout particulièrement.

Tremblaytraversée_250La Traversée du continent
Michel Tremblay
Linéac/Actes Sud
2008
♥♥♥♥♥

En 1913, à Sainte-Maria-de-Saskatchewan, Rhéauna apprend de sa grand-mère que sa mère souhaite l’avoir près d’elle à Montréal. Il lui faudra quitter cette famille d’adoption où, en compagnie de ses sœurs Béa et Alice, elle grandit entourée d’amour, au milieu d’infinis champs de maïs. En trois jours et trois rêves, elle va traverser le continent et rencontrer des personnages aux ailes felliniennes. A son arrivée à Montréal, une des pages les plus importantes de sa jeune vie aura été tournée : Nana n’ira plus entendre pousser le maïs dans la nuit en craignant l’œil du Grand Manitou. Ce qui l’attend, au-delà du bonheur fragile de retrouver sa mère, n’a pas encore de nom en elle.

Délicieux !

« Chaque dimanche, exaspéré, il voyait toute la famille débarquer au beau milieu de la confession, Lady Emily échappant tantôt son foulard, tantôt son livre de prières, et s’évertuant, dans des murmures bruyants et affectueux, à placer les siens […] elle se conduisait dans l’ensemble comme si l’église était la demeure d’un ami ».

Une curiosité : tout y est extravagance, oisiveté, dilettantisme !

Les éditions Charleston recèlent décidément de véritables perles et ce roman datant de 1934 en est une, baroque à souhait ! Ne vous fiez pas complètement à la quatrième de couverture qui ne rend pas suffisamment hommage à ce livre qui pourrait passer pour une seule romance, un peu mièvre. Le Parfum des fraises sauvages est une curiosité : tout y est extravagance, oisiveté et dilettantisme. Ce postulat accepté, on se régale et on s’amuse franchement au sein de cette famille bourgeoise, caricature indubitable d’elle-même. Angela Thirkell, dans un style désopilant et inédit, s’en moque gentiment et nous, lecteur, de la suivre avec délice ! Un excellent roman !

Thirkellfraisessauvages_250Le Parfum des fraises sauvages
Angela 
Thirkell
Charleston
2016
♥♥♥♥♥

Mary Preston, jolie jeune fille sans fortune, est invitée par sa tante Agnès à passer l’été dans sa splendide propriété familiale, au cœur de la campagne anglaise. À Rushwater House, la saison s’annonce pleine de surprises, de frivolités et d’insouciance. Mais le cœur de Mary sera mis à rude épreuve face au séduisant et séducteur David Leslie, l’artiste de la famille qui navigue entre Londres et Rushwater… Cependant, Agnès et sa mère, la sémillante Lady Emily, espèrent persuader la jeune femme de faire un tout autre mariage, bien plus convenable. Entre les balades au clair de lune dans les jardins resplendissants et le grand bal organisé à Rushwater, cet été comblera-t-il les espérances romantiques de Mary ?

Tarzan : sacré galop, hein ?

Un roman jeunesse illustré (par Louis Thomas) intelligent et méchamment drôle à mettre dans les mains de vos bambins. Et en tant qu’adulte, j’ai moi aussi souri du début à la fin de ma lecture.

Il y a, bien sûr, le plaisir de parcourir les aventures de Tarzan, poney malchanceux et caractériel, et finalement pas si méchant qu’on le croit.
Mais, plus encore, c’est l’humour cynique et impertinent de Cécile Alix qui vaut le détour et transparaît dans un texte subtile, documenté et merveilleusement annoté !
Merci aux éditions Poulpe Fictions (via Netgalley) : j’ai adoré !


Alixtarzanponeyméchant_250

Tarzan poney méchant
Cécile Alix
Poulpe Fictions
2017
♥♥♥♥♥

« Les pensées secrètes d’un poney grincheux enfin dévoilées. »
Je me suis fait avoir sur toute la ligne ! Mon ami Noé a déménagé et sa famille m’a collé en pension au club des Edelweiss, un endroit abominable ! Rempli de stars à crinières tressées et de ponettes à leurs mémères ! Tout ça me rend vraiment… méchant ! Et les choses ne s’arrangent pas quand on m’inflige Jeanne, la pire cavalière qui soit, et qu’on m’oblige à partir en randonnée avec cette maladroite hargneuse sur le dos… 

 

Douleur maternelle

« Elle était bel et bien en train de subir la pire chose qui puisse arriver à un parent. La pire de toutes. ».

Trois enfants enlevés dans une même localité. Une enquête pour rapt qui piétine. Et pour Helen et Sean, la preuve que cela n’arrive pas qu’aux autres. Alors qu’ils en ont confié la garde à leur fille adolescente, leur petite Frankie de 3 ans disparaît à son tour, enlevée dans son lit.
L’inspecteur principal Patrick Lennon sait qu’il a peu de temps pour retrouver le ravisseur de ces quatre victimes, d’autant qu’un des enfants est retrouvé mort dans un camp de nomades. Mais les coupables ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Et Patrick Lennon le sait, l’amour qu’une mère porte à son enfant ne l’empêche pas toujours de commettre l’irréparable…

Quatre mains pour un thriller efficace et haletant.

Heureusement que je ne me suis pas fiée à ma première impression, due au titre (français) de ce thriller (que je continue à trouver peu convaincant, même si je ne suis pas bien plus inspirée !). Parce que celui-ci mis à part, je n’ai absolument rien à reprocher à ce roman écrit à quatre (talentueuses) mains !
Tout y est réuni pour en faire une lecture prenante : page-turner aux chapitres courts et aux voix multiples, intrigue efficace et rebondissements pluriels bienvenus, analyse psychologique fine des personnages – pour certains bien plus complexes et impliqués qu’il n’y paraît, toutes générations et relations familiales confondues.
Ce qui fait le petit plus de ce thriller et contribue à mon coup de cœur, c’est le traitement de son thème – somme toute plutôt convenu – mais envisagé ici avec une certaine originalité, dans le fait notamment que l’inspecteur Lennon soit indirectement et personnellement concerné. Et de fait, persévérant, humain, et particulièrement attachant.
Je n’en dirai pas plus… lisez-le ! De mon côté, j’attends la suite de cette série prometteuse avec impatience et remercie les éditions AmazonCrossing (via Netgalley) pour cette lecture idéale en cette fin d’été.

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Le Berceau de la peur

Louise Voss & Mark Edwards

AmazonCrossing
2017
♥♥♥♥♥

La première enfant a été enlevée chez elle.
Le deuxième, dans la voiture de sa mère.
Et la troisième, dans sa propre chambre à coucher…
Lorsqu’un soir, Helen et Sean Phillips sortent en laissant leur fille aînée de 15 ans garder sa petite sœur Frankie, ils ignorent qu’ils s’apprêtent à vivre le pire cauchemar de tous les parents.

Médecine en eaux troubles

Un roman qui se lit quasiment d’une traite, au style simple mais efficace. L’intrigue est plutôt sans surprise, mais les chapitres courts sont habilement menés pour tenir le lecteur en haleine. Plus encore, c’est le propos, volontairement désabusé et cynique, qui fait la saveur de cet ouvrage. Descriptions chirurgicales sans fard des patients et de leurs pathologies, discours réactionnaire contre la culture, critique du matérialisme, vision caricaturale de l’humain, du couple, des relations sociétales, de la bourgeoisie. Rien ne manque !

Une provocation qu’on appréciera ou non, mais qui fait le style de Koch…

D’aucuns s’émouvront alors, comme pour Le dîner, de l’absence d’objectivité et de moralité des protagonistes, voire de l’auteur lui-même. Ce serait oublier que ces romans sont volontairement noirs, déstabilisants, dérangeants, choquants.
Ce serait omettre leur faculté à faire naître la réflexion, à amener le lecteur à s’interroger sur ses propres valeurs et réactions. Une provocation qu’on appréciera ou non, mais qui fait le style de Koch… Pour moi, un roman aussi intéressant que Le dîner, l’effet de surprise en moins.

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Villa avec piscine
Herman Koch
Belfond
2013
♥♥♥♥
Grosse tuile en vue pour le Dr Marc Schlosser. Après le décès d’un de ses patients, le Conseil de l’Ordre l’a convoqué pour discuter d’une possible erreur médicale. Ennuyeux, certes, mais pas dramatique : les membres du Conseil, il les croise tous les week-ends sur les terrains de golf. Que risque-t-il, une tape sur la main ? Au pire, une petite suspension ? Sauf que le patient en question n’est autre que Ralph Meier, célébrissime acteur, idole nationale et accessoirement ami de la famille ; et que sa veuve a des doutes et compte bien le faire savoir… Pour elle, l’affaire est suspecte : Ralph est tombé malade juste après des vacances avec les Schlosser. Qui dit vrai ? Marc a-t-il raté son diagnostic ? Aurait-il « aidé » la maladie de Ralph ? Que s’est-il passé cet été-là, dans la villa avec piscine ?

Prescience

Inconditionnels (comme moi !) de Linwood Barclay, ce roman pourrait vous laisser un peu sur votre faim ! Bien qu’on y retrouve plusieurs des ingrédients qui font la saveur de son écriture (retournements de situations et autres péripéties, touches d’humour, écriture fluide et intrigue prenante), Celle qui en savait trop n’a malheureusement pas la consistance (200 petites pages !) des précédents romans. Si, malgré tout, je recommande cette lecture qui reste divertissante et subtile, je conseillerais plutôt à ceux qui voudraient découvrir la plume de Barclay de se pencher vers ses autres thrillers, plus haletants et plus riches.

Un thriller captivant, l’humour en prime.

Keisha Ceylon, « Médium, chercheuse d’âme perdues » comme l’indique sa carte de visite, n’est pas une inconnue pour les lecteurs de Barclay puisqu’elle a déjà fait une brève apparition dans Cette Nuit-là. La jeune femme, prétendument douée de visions, approche des personnes fragilisées – en quête notamment d’un parent disparu – proposant de faire avancer leurs recherches ou de favoriser leurs contacts avec l’au-delà. Moyennant finance, cela va de soit.

C’est néanmoins en cherchant à escroquer Wendell Garfield, sous le coup de la disparition inexpliquée de son épouse, que Keisha a pour la première fois une intuition qui s’avère proche de la vérité… Une révélation qui la met aussi en grand danger, tour à tour victime d’un meurtrier et coupable d’un assassinat.
Telle est prise qui croyait prendre ? Ce serait mal apprécier les capacités de la voyante, aussi retorse que dangereuse. Et celles de Barclay à dérouter son lecteur au fil des rebondissements !

Celle-qui-en-savait-trop
Celle qui en savait trop

Linwood Barclay
J’ai Lu policier
2016
♥♥♥♥
Pour arrondir ses fins de mois, Keisha Ceylon a eu LA bonne idée : troquer ses balais de femme de ménage contre une boule de cristal. Entre thème astral et marc de café, elle s’est fait une spécialité : faits divers et disparitions. Cinq mille dollars contre l’espoir de retrouver un être cher : certaines familles sont prêtes à tout. Et justement, Wendell Garfield est sans nouvelles de sa femme Ellie, volatilisée à la sortie du supermarché une semaine plus tôt. Aucun indice, la police piétine. La presse est en émoi. Wendell et sa fille sont affolés : l’heure est idéale pour l’arnaqueuse qui se prépare à livrer sa plus belle, sa plus troublante, sa plus dangereuse vision… Car, sans le savoir, la fausse voyante vient de frôler de très près une vérité meurtrière. Et de réveiller les instincts d’un tueur en liberté…