C’est lundi, que lisez-vous ? #26

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Chantreauenfantsmère_250Les Enfants de ma mère
Jérôme Chantreau
Les Escales, 2018

Changer la vie. Trois mots pour s’inventer un destin. Trois mots que Françoise, fraîchement divorcée, a décidé de faire siens, elle qui, pour la première fois, a voté à gauche le 10 mai 1981.
Au 26, rue de Naples, un appartement ouvert aux quatre vents, Françoise tente de changer la vie – sa vie. Elle métamorphosera surtout celle de ses enfants en les plongeant dans un tourbillon
aussi fantasque que brutal. Tandis que son fils Laurent crée un groupe de rock dans les caves parisiennes, Françoise recueille chez elle des gamins du quartier, fracassés par la drogue, les mauvais coups et l’exil. Mais à trop s’occuper des enfants des autres, ne risque-t-elle pas d’en oublier les siens ? Laurent est là, qui se tient au bord de l’abîme, hypnotisé par Victor – le plus beau, le plus brillant de la bande.
Dans ce roman où Paris se fait personnage, Jérôme Chantreau nous offre un portrait sans complaisance de la France mitterrandienne, aux accents violents et poétiques.

Que suis-je en train de lire ?

Brontëdamemanoir_250La Dame du manoir de Wildfell Hall
Anne Brontë
Archipoche, 2012

L’arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur.
Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham… Quel drame s’obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ? Publié en 1848, La Dame du manoir de Wildfell analyse la place des femmes dans la société victorienne. Considéré comme l’un des tout premiers romans féministes, il entretient de nombreux liens avec Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë et s’inspire de la descente aux enfers, de l’alcoolisme et de la débauche de leur frère Branwell, mort entre leurs bras.

Que vais-je lire ensuite ?

Goodmannladyhelen_250Lady Helen
Alison Goodman
Gallimard Jeunesse, 2016

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais d’étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour basculer dans un monde terrifiant?

C’est lundi, que lisez-vous ? #25

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Sizungouvernante_250La Gouvernante suédoise
Marie Sizun
Folio, 2018

«Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles.»
Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants ? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXe siècle. Dans ce roman de secrets, d’amours et de fascination mutuelle, Marie Sizun retisse les liens perdus de son étonnante histoire familiale.

Et aussi…

Everettvoisins9_250Les Voisins du 9
Felicity Everett
HarperCollins, 2018

Vous allez adorer faire leur connaissance…
Sara, mère de famille s’ennuie dans sa vie bourgeoise et monotone. Aussi l’emménagement, dans son petit quartier londonien, d’un nouveau couple bobo à souhait, est accueilli chaleureusement. Invitée à la crémaillère de leurs nouveaux voisins, Sara et son mari sont fascinés. Tant de charisme, de spontanéité et de talent chez ces artistes tout juste revenus d’Espagne. Lou et Gavin sont simplement… irrésistibles. Au contact de Lou, Sara commence progressivement à changer. Bienveillance ou jalousie, amitié ou obsession, confiance ou trahison. La frontière est mince et la rue facile à traverser.

Que suis-je en train de lire ?

Chantreauenfantsmère_250Les Enfants de ma mère
Jérôme Chantreau
Les Escales, 2018

Changer la vie. Trois mots pour s’inventer un destin. Trois mots que Françoise, fraîchement divorcée, a décidé de faire siens, elle qui, pour la première fois, a voté à gauche le 10 mai 1981.
Au 26, rue de Naples, un appartement ouvert aux quatre vents, Françoise tente de changer la vie – sa vie. Elle métamorphosera surtout celle de ses enfants en les plongeant dans un tourbillon
aussi fantasque que brutal. Tandis que son fils Laurent crée un groupe de rock dans les caves parisiennes, Françoise recueille chez elle des gamins du quartier, fracassés par la drogue, les mauvais coups et l’exil. Mais à trop s’occuper des enfants des autres, ne risque-t-elle pas d’en oublier les siens ? Laurent est là, qui se tient au bord de l’abîme, hypnotisé par Victor – le plus beau, le plus brillant de la bande.
Dans ce roman où Paris se fait personnage, Jérôme Chantreau nous offre un portrait sans complaisance de la France mitterrandienne, aux accents violents et poétiques.

Que vais-je lire ensuite ?

Lalauryminuit_250Il est toujours minuit quelque part
Cédric Lalaury
Préludes, 2017

Bill Herrington est un homme heureux. La cinquantaine approchant, il a une femme qu’il adore, deux filles aimantes, et un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse école préparatoire. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : Richard Philip Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler le professeur Herrington. À un détail près : ce roman raconte une histoire vraie. L’histoire d’un crime dont Bill est persuadé que personne n’en avait eu connaissance. C’est du moins ce qu’il a toujours cru. Ce livre étrange va bientôt envahir l’existence de Bill et tout contaminer autour de lui à la façon d’un virus. Sa vie paisible et confortable, ainsi que son équilibre psychologique, vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce roman vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

En sourdine

« Il y a des histoires étranges dans les familles.
Des secrets, des choses inavouables, inavouées, quelquefois terribles, sur lesquelles les adultes se taisent, comme si le silence pouvait étouffer la réalité, et, qui sait, la faire disparaître ».

A partir de quelques photos jaunies, d’un prénom – Livia – qui a séduit son oreille d’enfant et de secrets de famille que la pudeur a empêché de révéler vraiment, Marie Sizun ébauche ce qui aurait pu être l’histoire de ses ancêtres, comblant, de sa plume inventive, les lacunes du passé.
On l’accompagne ainsi en Suède, dans le quotidien bourgeois d’une famille du 19e siècle. Hulda, 17 ans, fraîchement sortie du couvent, s’éprend de Léonard, son voisin professeur de français, de plusieurs années son aîné. Bientôt enceinte, elle devient son épouse, malgré les réticences de sa famille. Si les premières années du couple se déroulent sans encombre, Hulda n’a pas la carrure pour diriger une maison et élever les quatre enfants qu’elle a mis au monde. C’est alors que Livia entre au service de la famille en tant que Sizungouvernante_250gouvernante. Froide, distante, mais professionnelle, la jeune femme remet de l’ordre dans le quotidien parti à vau l’eau et redonne confiance à la douce et languissante Hulda, lui apportant secours lorsque, sur un coup de tête de Léonard, la famille s’expatrie en France, à Meudon. On sent poindre le revers de fortune, mais la vie s’organise bon gré mal gré, grâce à la ténacité de la gouvernante. Seul ombre au tableau, c’est aussi dans les bras de Livia que Léonard trouve réconfort, se consolant de ses déboires professionnels et d’une relation de couple qui s’étiole…

Je laisse en suspens mon résumé pour ne pas trop en révéler et vous encourage vivement à découvrir ce roman d’une grande finesse d’écriture et d’une belle imagination. Dans un style ciselé et littéraire, l’auteur y décrit les émotions multiples et diffuses de deux femmes éprises, en toute conscience, d’un même homme. Un triangle amoureux révélateur de la complexité des sentiments et d’une époque, d’une société bourgeoise prisonnière des carcans et des non-dits. Un roman qui témoigne aussi de la résignation et du sacrifice des femmes, ainsi que de la malheureuse persistance des secrets de famille. J’ai été particulièrement séduite par l’ambiance plurielle qui imprègne le récit, qui nous fait évoluer des confortables salons de la Suède à la froideur des murs meudonnais. Une atmosphère, décrite avec talent, qui s’imprègne des émotions mêlées des personnages et en exhale toute la subtilité et tout le tragique.
Ce roman – digne d’un classique de par son style et sa teneur – est un de mes plus grands coups de cœur. Ce livre (et son auteur) que relirai et j’offrirai, sans hésitation, je remercie chaleureusement Folio de me l’avoir fait connaître.

Marie Sizun, La Gouvernante suédoise, Folio Gallimard, 2018, ♥♥♥♥♥

C’est lundi, que lisez-vous ? #25

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Peyrinaile_250L’Aile des vierges
Laurence Peyrin
Calmann-Lévy, 2018

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ? Un extraordinaire portrait de femme libre.
Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.

Que suis-je en train de lire ?

Sizungouvernante_250La Gouvernante suédoise
Marie Sizun
Folio, 2018

«Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles.»
Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants ? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXe siècle. Dans ce roman de secrets, d’amours et de fascination mutuelle, Marie Sizun retisse les liens perdus de son étonnante histoire familiale.

Que vais-je lire ensuite ?

Everettvoisins9_250Les Voisins du 9
Felicity Everett
HarperCollins, 2018

Vous allez adorer faire leur connaissance…
Sara, mère de famille s’ennuie dans sa vie bourgeoise et monotone. Aussi l’emménagement, dans son petit quartier londonien, d’un nouveau couple bobo à souhait, est accueilli chaleureusement. Invitée à la crémaillère de leurs nouveaux voisins, Sara et son mari sont fascinés. Tant de charisme, de spontanéité et de talent chez ces artistes tout juste revenus d’Espagne. Lou et Gavin sont simplement… irrésistibles. Au contact de Lou, Sara commence progressivement à changer. Bienveillance ou jalousie, amitié ou obsession, confiance ou trahison. La frontière est mince et la rue facile à traverser.

Alliance(s)

« Les différences sociales ne changeaient rien à la quête d’un idéal ».

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ? Un extraordinaire portrait de femme libre. Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté. (quatrième de couverture)

Peyrinaile_250Ce que je reprocherais à ce roman, c’est sa quatrième de couverture, trompeuse à mon sens. Je m’attendais à lire « un extraordinaire portrait de femme libre […] cultivée et émancipée  » et j’ai parcouru essentiellement une histoire d’amour (très) romantique – au demeurant bien écrite et dont j’ai aimé globalement l’idée et les personnages (secondaires) subtiles. A vrai dire, j’aurais néanmoins préféré découvrir l’histoire de la grand-mère ou de la mère de Maggie Fuller – respectivement première suffragette et sage-femme engagée – que la passion amoureuse entre une domestique (certes révoltée, certes courageuse, certes résiliente, certes libérée) et son riche employeur. De fait, la seconde partie du roman – que le résumé proposé par l’éditeur effleure à peine – m’a semblé plus édifiante et plus féministe. C’est en Amérique que Maggie prend son destin en main, œuvre dans le social, puis en politique et devient une femme militante… Un engagement, qu’elle ne vivra essentiellement que par procuration, en se mariant avec le candidat à la mairie de New-York et en tirant les ficelles dans l’ombre, sous les traits d’une épouse accomplie. Si le propos me captive davantage, – et d’autant plus lorsque Maggie perd tragiquement son conjoint et convoite en personne le titre de maire – mon intérêt retombe avec le retour du ténébreux châtelain anglais, fraîchement divorcé et épanoui dans sa carrière de protecteur de la faune africaine (après avoir délaissé femme, domaine et une partie de sa famille). Et là – romance oblige – entre carrière exaltante et amours passionnées, je vous laisse deviner quel sera le choix final de Maggie…

Laurence Peyrin, L’Aile des vierges, Calmann-Lévy, 2018, ♥♥♥
Je remercie les éditions Calmann-Lévy et Netgalley pour cette lecture.

Lever le masque

« Quand vous avez tué une fois, vous pouvez tuer deux fois. Et quand vous avez tué deux fois, vous pouvez tuer l’humanité toute entière. Il n’y a plus de limites. »

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons, dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin du meurtre. L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à découvrir le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque. Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu’a-t-elle découvert ? Et surtout : que s’est-il réellement passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ? (quatrième de couverture)

Sélectionner La Disparition de Stephanie Mailer parmi les propositions qui m’étaient faites par Audiolib (que je remercie chaleureusement), était l’occasion pour moi de faire connaissance avec la plume de Joël Dicker. Malgré l’enthousiasme que ses romans ont fait naître et les critiques souvent élogieuses sur les blogs, je n’avais jamais sauté le pas, retenue par la peur du pavé et les couvertures, à mon goût peu avenantes, des éditions de Fallois. Il était donc plus que temps que je dépasse mes préjugés.

Toutefois, après 18h21 d’écoute de la talentueuse interprétation de Philippe Sollier (un vrai caméléon et c’est un compliment), le premier mot qui me vient à l’esprit est malheureusement «difficile». J’ai souffert et l’exercice m’a demandé beaucoup de concentration et d’efforts. Malgré l’intérêt de l’intrigue déroulée par Dicker, j’en ai souvent perdu le fil. La faute tout d’abord aux nombreux personnages et histoires annexes qui émaillent son récit et, je crois pouvoir le dire, pas toujours d’une grande utilité. J’ai également été peu séduite par la construction du texte et certains effets de style. Beaucoup d’allers-retours et autres digressions qui finissent par perdre le lecteur (probablement plus encore dans le cas d’une écoute), un suspense artificiel avec des fins de chapitres arbitrairement tronquées, des dialogues peu 9782367626901-001-Tsubstantiels, des descriptions d’une réelle pauvreté.

Côté fond, j’ai réellement apprécié l’ambiance d’Orphéa, l’immersion dans le quotidien et le passé de cette ville, les incursions dans le monde du spectacle, de la librairie, de la presse, de la politique. J’ai trouvé les personnages principaux bien campés. Leur histoire est intéressante et vraisemblable, à l’exception peut-être de l’happy end amoureux, convenu. A l’inverse, j’ai été horripilée (vraiment !) par certains personnages secondaires, véritables caricatures d’eux-mêmes et des professions qu’ils représentent (tout particulièrement le policier devenu metteur en scène ou encore le critique littéraire, insupportables de vanité). C’est grotesque. Cela sonne peu crédible. Un qualificatif qui s’applique également à l’enquête : méandres du récit, fausses pistes à gogo, renversements improbables, coïncidences faciles (tout le monde a sensiblement envie de devenir acteur de théâtre !), apparitions/ disparitions miraculeuses. Et j’en passe des moins plausibles encore.

On l’aura compris, je suis très mitigée après cette lecture et ne pense pas poursuivre la découverte de cet auteur. A moins que vous ne soyez très convaincants !

Joël Dicker, La Disparition de Stéphanie Mailer, Audiolib, 2018, ♥♥♥

C’est lundi, que lisez-vous ? #24

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

9782367626901-001-TLa Disparition de Stephanie Mailer
Joël Dicker
Audiolib, 2018

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu’a-t-elle découvert ? Et surtout : que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?

Que suis-je en train de lire ?

Peyrinaile_250L’Aile des vierges
Laurence Peyrin
Calmann-Lévy, 2018

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ? Un extraordinaire portrait de femme libre.
Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.

Que vais-je lire ensuite ?

Sizungouvernante_250La Gouvernante suédoise
Marie Sizun
Folio, 2018

«Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles.»
Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXe siècle. Dans ce roman de secrets, d’amours et de fascination mutuelle, Marie Sizun retisse les liens perdus de son étonnante histoire familiale.