Plagiat criminel

« Mon personnage de « Joe-le-Lent » était en béton.
Alors que je passais d’Hannibal Lecter à Forrest Gump en quelques secondes, j’ai compris que la police n’avait pas le moindre suspect ».

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres… (quatrième de couverture)

Cleaveemployémodèle_250

Ce roman n’a pas réussi à me convaincre, malgré un concept original qui m’avait attirée : celui du tueur en série qui mène l’enquête. Ce que je lui reprocherais de manière générale, c’est son manque de consistance.
Joe, le personnage principal est un “méchant” dans sa forme la plus extrême – froid, calculateur, cruel, vil –, mais sa psychologie évolue peu et on se lasse vite de son ironie, même si elle peut prêter à sourire dans les premières pages. Je n’ai pas réussi à ressentir une véritable empathie pour Sally, malgré son dévouement expiatoire parfois touchant, et Daniela m’a laissé plutôt indifférente. L’intrigue en elle-même paraît finalement peu subtile, avec des crimes répétitifs et rarement surprenants, une enquête d’une certaine monotonie. Et s’il n’était le retournement de situation au milieu du roman, je pense que l’histoire aurait vraiment fini par traîner en longueur.

Paul Cleave, Un Employé modèle, Livre de poche, 2011, ♥♥