Littérature française, Roman, Thriller/policier

Un laboratoire d’écriture

Plus qu’à un roman (deux en vérité !), j’ai eu envie de m’intéresser à un concept, celui proposé par Solène Bakowski et Amélie Antoine et dont j’ai découvert le principe via Netgalley, que je remercie chaleureusement. Les deux auteurs se sont lancé un challenge intéressant : créer chacune un roman en partant d’une même situation initiale que vient bouleverser un événement inattendu. Le résultat : Sans elle et Avec elle qui mettent en scène un couple et leurs jumelles. Les fillettes font une bêtise et voilà Colline punie arbitrairement : elle est privée de sortie, pas de feu d’artifice pour elle en ce jour de fête nationale. Une situation vécue comme une déchirure pour Colline qui moins que l’injustice de la punition, vit encore plus mal d’être séparée pour la première fois de sa sœur. Un événement qui est aussi le grain de sable qui vient enrayer la machine. Après cette soirée, plus rien de ne sera comme avant pour cette famille heureuse, en apparence du moins.

Expérimentation littéraire

A noter que les deux récits peuvent se lire indépendamment et qu’on commence donc par celui de son choix. (Sans elle pour moi). Je ne parlerai d’ailleurs que très peu du contenu et des intrigues pour ne pas gâcher la découverte et le jeu d’écriture. Je me contenterai de vous confirmer qu’ils sont aussi fluide, captivants, et tragiques l’un que l’autre et que le fait de retrouver situation de départ, personnages, lieux… ne génère aucun ennui (c’était un peu ma crainte). Bien au contraire, j’ai trouvé passionnant d’observer le processus d’écriture et de création. De constater combien l’imagination de l’une diffère de celle de l’autre, malgré la trame commune et les invariants. Aussi, la manière dont un détail suffit à changer le tout. J’ai été également surprise de noter que les styles des deux ouvrages finissaient par se ressembler. En tous cas, on aurait pu me faire croire qu’il s’agissait d’un seul et même auteur. Je me suis beaucoup interrogée sur la manière dont Solène Bakowski et Amélie Antoine ont procédé. Se sont-elles relues en cours de route ? Entraidées, conseillées ? Ou à l’inverse ont-elles seulement échangé une fois leurs histoires terminées ? Beaucoup d’interrogations donc pour deux morceaux de bravoure fascinants. Une expérience d’une grande richesse, j’en redemande. Et la hâte de découvrir d’autres romans de ces plumes !

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Références

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Avec elle

Solène Bakowski
2017
♥♥♥♥♥

Il était une fois une famille heureuse et unie.
Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau.
Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.
Avant de se jalouser et s’empoisonner. 
Il était une fois deux fillettes inséparables.
Pour le meilleur, ou pour le pire ?
Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

 

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Sans elle

Amélie Antoine
2017
♥♥♥♥♥

Il était une fois une famille heureuse et unie.
Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau.
Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.
Jusqu’à un soir de feu d’artifice où l’une d’elles se volatilise brutalement. Il était une fois deux fillettes inséparables.
Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une.
Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

 

Littérature française

Throwback Thursday Livresque #2

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

Libre interprétation pour ce thème : livre doudou, feel-good, gourmand, héros gourmands, nourriture importante dans l’histoire, hiver et chocolats chauds, personnages accros aux boissons chaudes, amateurs de marshmallow grillés…

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Ce sera un livre doudou pour moi ! Celui qui, malgré les relectures et les passages connus par cœur, arrive encore à me décrocher un sourire dans les moments les plus moroses. On est d’accord, je triche un peu, mais on va dire qu’il s’agit de plusieurs livres en un ! Je n’ai pas raison ?

D’autres inconditionnels de Kaamelott et/ou d’Alexandre Astier (moi c’est les deux, je suis une fan absolue et absolument pas objective quand il s’agit de l’un ou l’autre !) de passage ici ?

Challenge, Littérature française, Roman, Thriller/policier

Crime gourmand

Lorsque Frogzine a dévoilé le premier thème de son Challenge Mystère (une histoire qui se passe dans le milieu culinaire), je me suis précipitée vers la bibliothèque de ma sœur Cyrielle, passionnée de cuisine et de toute littérature dédiée. J’ai rapidement mis la main sur ce roman, au titre et à la quatrième prometteurs. Malheureusement, sa lecture fut une petite déception pour moi.

La crème ne prend pas

L’intrigue, mince, sans consistance et menée sans aucune originalité, est compensée par de nombreuses digressions sur la région, la littérature et – cela va de soi – la gastronomie. L’idée aurait pu être bonne. Elle m’a même séduite au début de l’ouvrage. Toutefois, les anecdotes faussement érudites sont amenées tellement artificiellement qu’elles finissent par plomber le récit. On oscille entre l’extrait tiré de Wikipedia et le guide touristique. Même les allusions à Proust ont fini par me lasser. Bref, ma découverte de la série des « Crimes gourmands » s’arrêtera là. Pourtant l’idée semblait alléchante.

Références

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La Crème était presque parfaite

Noël Balen, Vanessa Barrot
Points
2017
♥♥

Le Bocage gourmet, restaurant situé au coeur du Calvados, doit sa réputation à sa célèbre sauce à base de crème fraîche, dont la composition est jalousement conservée. La critique gastronomique Laure Grenadier, accompagnée de son photographe Paco Alvarez, a décidé de consacrer le prochain numéro du magazine Plaisirs de table aux produits fermiers de Normandie. Pour débuter son reportage, elle fait halte dans cette institution du pays d’Auge afin de dresser le portrait de son chef. Mais le repas vire bientôt au cauchemar et se termine dans les locaux de la gendarmerie. Plusieurs clients sont victimes de la fameuse crème dont les ingrédients alourdissent singulièrement l’atmosphère.Promotion immobilière et protection du littoral, implantation d’un nouveau lieu de commémoration, extension contestée d’un luxueux haras récemment acquis par des princes qataris, un faisceau d’indices conduit à penser que certains représentants de la République étaient précisément visés.

Littérature française, Roman

Tour de passe-passe

Quatre narrateurs, quatre voix, quatre histoires qui alternent au fil des chapitres. Des récits qui disent une souffrance partagée, de celles qui détruisent une vie, de celles qui laissent des traces indélébiles. Tous dessinent aussi le portrait de personnalités fortes, qui font des sacrifices et, malgré tout, gardent l’espoir et le courage de se reconstruire. Et si l’on se doute d’emblée que ces quatre destinées finiront par se rejoindre, on n’en est pas moins surpris de l’issue du roman. Et on se dit qu’il mériterait vraiment une relecture à l’aune des révélations finales.

Ne faire plus qu’un

Une relecture que l’on envisage sans difficulté tant ce roman est subtil. Par son histoire d’abord et ses personnages touchants dans leur différence, dans leur solitude, dans leur mal-être. Par son style, littéraire, sans ambages qui met des mots sur l’intolérable. Par sa construction habile qui crée une tension et le besoin de savoir. Par ses images monstrueuses, marquantes, et le monde vertigineux qu’elles déploient jusqu’au malaise.
On l’aura compris, c’est un coup de cœur pour moi. Un de ces romans qui prend aux tripes et qu’on n’oublie pas de sitôt.

Je remercie chaleureusement les éditions Les Escales pour ce livre à la magnifique couverture (en plus) !

Références

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La Grande Roue

Diane Peylin
Les Escales
2018
♥♥♥♥♥

Été 1986. Emma, les cheveux flamboyants, rencontre Marc au pied d’une Grande Roue. Elle est si jeune, il est si fort. C’est une histoire d’amour qui commence, autour d’une barbe-à-papa, les pieds dans le sable. Une histoire intense. Vitale. Mais ce « Il était une fois » se transforme bientôt. Et le conte de fées devient celui de l’ogre et de la poupée. Au côté d’Emma, il y a Tess dans la nuit, David en haut d’une montagne et Nathan dans un bureau de flic. D’autres personnages pour d’autres destins – d’autres chaos. Les ruptures de chacun les ont isolés du reste du monde. Ils marchent. Chacun à leur rythme, ils marchent. À la recherche de leur identité. Dans ce labyrinthe romanesque, où Lynch rencontre Kafka, le réel a besoin des chimères pour se révéler. Et permettre, petit à petit, à toutes les pièces du puzzle d’Emma de se dessiner. Emma, qui n’est pas qu’une poupée.

Littérature brésilienne, Littérature française, Roman, Science-Fiction/fantasy

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #4

Depuis décembre, je lis plus de livres que je ne prends le temps d’en chroniquer ! Et la période des fêtes (avec de nombreux ouvrages sous mon sapin, j’ai une famille adorable) n’a pas inversé la tendance. Il était donc temps que je rattrape (un peu) le temps perdu :  avec 3 lectures dans ce billet… et la suite bientôt ! En attendant, je remercie les éditions Folio et J’ai lu pour leurs fidèles envois !

7ejourUne fois dépassé le style déroutant de l’auteur (assez proustien !), Au commencement du 7e jour s’avère un pavé (de trois histoires en une) passionnant, haletant et d’une grande profondeur. Camille est victime d’un accident de voiture en un lieu où elle ne devait pas être. Alors que dure son coma, Thomas son époux, cherche à comprendre. Une quête existentielle qui le transporte dans son propre passé et le mènera jusqu’en Afrique, pour mieux connaître Camille, pour apprendre à se connaître lui-même. Érudit et prenant.

Luc Lang, Au commencement du 7e jour, Folio, 2017, ♥♥♥♥

SoupermaléficesFan de Lanfeust et autres Trolls, ne passez surtout pas votre chemin ! Vous trouverez dans ce roman tout ce qui fait le génie d’Arleston : des personnages atypiques (une espionne caméléon et un cuisinier pathétiquement amoureux) sympathiques et attachants dans un monde d’une grande « fantasy ». Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour. L’imagination fertile de l’auteur fait oublier les quelques faiblesses de l’intrigue et on passe un très bon moment.

Christophe Arleston, Le Souper des Maléfices, J’ai lu, 2017, ♥♥♥

Coehloadultère_250Ce roman est le livre voyageur de Ninon et, malgré tout mon enthousiasme pour cette belle idée (à refaire, sans hésitation), je dois reconnaître que l’histoire de Paulo Coelho (dont j’apprécie la plume) n’a pas réussi à m’emporter. Lent, sans réelle consistance, Adultère met en scène une femme qui s’engage dans une liaison impossible pour palier mal-être et ennui. Je n’ai aucune sympathie pour le personnage. Je me perds dans ses réflexions. Et je m’ennuie à mon tour.

Paulo Coelho, Adultère, J’ai lu, 2015, ♥♥

Littérature française, Roman

Lecture à venir…

Les Editions Les Escales me gâtent décidément ! Encore une lecture prometteuse…

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Références

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Diane Peylin
Les Escales
Sortie le 11 janvier 2018

Été 1986. Emma, les cheveux flamboyants, rencontre Marc au pied d’une Grande Roue. Elle est si jeune, il est si fort. C’est une histoire d’amour qui commence, autour d’une barbe-à-papa, les pieds dans le sable. Une histoire intense. Vitale. Mais ce  »Il était une fois » se transforme bientôt. Et le conte de fées devient celui de l’ogre et de la poupée. Au côté d’Emma, il y a Tess dans la nuit, David en haut d’une montagne et Nathan dans un bureau de flic. D’autres personnages pour d’autres destins – d’autres chaos. Les ruptures de chacun les ont isolés du reste du monde. Ils marchent. Chacun à leur rythme, ils marchent. À la recherche de leur identité.Dans ce labyrinthe romanesque, où Lynch rencontre Kafka, le réel a besoin des chimères pour se révéler. Et permettre, petit à petit, à toutes les pièces du puzzle d’Emma de se dessiner. Emma, qui n’est pas qu’une poupée.

Littérature américaine, Littérature anglaise, Littérature française, Roman, Thriller/policier

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #2

Il y a ces livres passionnants qui nous font nous évader du quotidien et qu’on a du mal à reposer. Mais il y a aussi ces bouquins qui deviennent un véritable pensum… Après de nombreuses années d’études de lettres, je me suis juré de ne plus jamais m’imposer une lecture ! Bref, quand je n’aime pas, je mets éventuellement de côté ou je laisse carrément tomber… Il arrive aussi que j’apprécie une lecture, mais ne trouve pas pour autant les mots pour le dire… Dans tous les cas, c’est décidé, je vous en parle quand même (un peu) !

CreasyDeux fillettes mènent l’enquête dans leur quartier après que leur voisine a disparu, tout en menant leur propre « quête spirituelle ». L’histoire est surprenante, non dénuée d’humour (anglais). Le style est agréable, la construction lente, mais habile jusqu’au dénouement, attendu, positif, peut-être trop convenu pour les amateurs de suspense et rebondissements.

Joanna Cannon, Mrs Creasy a disparu, Harper Collins, 2017, ♥♥♥

ChamanUn roman bref, épuré, d’un style d’une grande finesse qui s’avère une réflexion d’une belle densité sur le deuil, le retour aux sources amérindiennes et sur soi. Une quête initiatique et spirituelle sur fond de nature et de mysticisme. Simplement beau.

Maxence Fermine, Chaman, Michel Lafont , 2017,♥♥♥♥

9782863744505-001-T
Un thriller dont les thèmes m’ont immédiatement attirée, quoiqu’ils deviennent un peu redondants au fil des publications : rapt d’enfants, chantage, traîtrise. L’intrigue de qualité là, mais le style (mauvaise traduction ?) est lourd et les lenteurs ont eu raison de ma patience.

Brad Parks, Pas un mot, Mazarine, 2017, ♥♥

Je remercie sincèrement  Netgalley et les éditions Harper Collins, Lafont et Mazarine pour ces lectures !