Concours bloganniversaire : le résultat !

Le gagnant d’un exemplaire de l’édition spécial 20 ans d’Harry Potter à l’école des sorciers est(clic sur l’image) :

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Le prix de l’immortalité

« Mon nom est Anna et je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas exister. Pourtant j’existe ».

Royaume-Uni, 2140. Un traitement contre la vieillesse et la maladie permet à la population du globe de ne plus mourir. Cette longévité a cependant une contrepartie : les femmes doivent renoncer à donner naissance à un enfant.
Anna est le fruit d’un manquement à cette loi. C’est la raison pour laquelle elle vit recluse dans le pensionnat de Grange Hall, établissement dévolu à l’éducation des enfants nés illégalement. Maltraités, humiliés, endoctrinés, les Surplus doivent y apprendre l’obéissance et la servitude et c’est ainsi qu’Anna s’évertue, chaque jour, à devenir un bon Élément. Toutefois, l’arrivée du Surplus Peter, qui prétend connaître l’histoire et les Malleyparents d’Anna, va peu à peu brouiller les certitudes de la jeune fille.

C’est la couverture de ce roman qui a attiré mon œil, avant que la quatrième ne confirme l’envie de découvrir une histoire et surtout de mieux cerner un genre. Les récits d’anticipation attisent ma curiosité, même si j’en lis relativement peu. J’ai apprécié celui-ci qui, dans une écriture fluide destinée (mais absolument pas réservée) aux adolescents, propose une histoire riche et une réflexion plurielle. Vieillesse/jeunesse, liberté/endoctrinement, écologie ou encore renouvellement des générations, maternité et émancipation : autant de thématiques qui ne laissent pas le lecteur indifférent. Il en va de même de l’émotion qui imprègne l’histoire et rend les personnages résolument attachants, sans pour autant que le roman ne verse dans le manichéisme ou le misérabilisme.

A noter que la série comporte une suite en deux volumes. Qui l’aurait lue ?

Gemma Malley, La Déclaration, Naïve, 2007, ♥♥♥♥♥

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #3

Il y a ces livres passionnants qui nous font nous évader du quotidien et qu’on a du mal à reposer. Mais il y a aussi ces bouquins qui deviennent un véritable pensum… Après de nombreuses années d’études de lettres, je me suis juré de ne plus jamais m’imposer une lecture ! Bref, quand je n’aime pas, je mets éventuellement de côté ou je laisse carrément tomber… Il arrive aussi que j’apprécie une lecture, mais ne trouve pas pour autant les mots pour le dire… Dans tous les cas, c’est décidé, je vous en parle quand même (un peu) !

BeddingfeldInconnueLondres, 19e siècle. Beth, cuisinière, fait une macabre découverte dans le jardin de ses maîtres : le corps d’une femme poignardée. Le coupable est tout trouvé : le couteau resté sur la scène du crime accuse le valet indien. Une injustice qui n’est pas du goût de l’intrépide Beth qui, entre deux plats, décide de mener l’enquête. L’intrigue est divertissante, sans grand rebondissement, mais ancrée dans une époque intéressante. Je reprocherais seulement à l’auteur de trop filer la métaphore culinaire…

Anne Beddingfeld, L’inconnue de Queen’s Gate, Marabout, 2014, ♥♥♥♥

LindgrenhelsinkiDes nonagénaires d’une maison de retraite qui décident de prendre les rênes d’une enquête policière… et de s’évader par la même occasion d’un quotidien quelque peu barbant… Tentant, non ? J’étais alléchée par la quatrième et l’originalité du sujet, le style un brin satirique. Mais voilà, je recommence la lecture de ce roman pour la deuxième fois et je m’ennuie ferme…

Minna Lindgren, Les Petits Vieux d’Helsinki mènent l’enquête,
Calmann Lévy, 2015

Focus

« Le fait d’avoir gardé le secret est encore pire que le secret lui même ».

Catherine est sous le choc : le livre qui a été déposé anonymement chez elle n’est pas un thriller comme les autres. C’est une histoire dans laquelle elle se reconnaît, un roman qui la met en scène et, surtout, qui raconte d’elle ce que nul n’est censé savoir. Un secret qu’elle pensait bien enfoui, un drame qu’elle a caché pour préserver les siens.

indexL’auteur de ce roman à clé assume quant à lui ses actes : son livre crie vengeance. Il a une vérité à faire connaître, une revanche à prendre, une personnalité à dévoiler. Du moins le pense-t-il.

Un page-turner passionnant et très bien construit. Des chapitres brefs, avec une alternance de points de vue qui attise l’envie de poursuivre la lecture. Le tour de force de ce thriller tient probablement au fait qu’aveux et coupables se dévoilent dès les premières lignes. Du coup, le lecteur se demanderait presque ce qu’il a encore à savoir… avant de réaliser que les révélations et autres rebondissements ne font que commencer.

Renee Knight, Révélée, Fleuve noir, 2015, ♥♥♥♥♥

 

Noël en boucle #2

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Références

Nancy Mitford, Christmas Pudding 10/18, 2017.

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #2

Il y a ces livres passionnants qui nous font nous évader du quotidien et qu’on a du mal à reposer. Mais il y a aussi ces bouquins qui deviennent un véritable pensum… Après de nombreuses années d’études de lettres, je me suis juré de ne plus jamais m’imposer une lecture ! Bref, quand je n’aime pas, je mets éventuellement de côté ou je laisse carrément tomber… Il arrive aussi que j’apprécie une lecture, mais ne trouve pas pour autant les mots pour le dire… Dans tous les cas, c’est décidé, je vous en parle quand même (un peu) !

CreasyDeux fillettes mènent l’enquête dans leur quartier après que leur voisine a disparu, tout en menant leur propre « quête spirituelle ». L’histoire est surprenante, non dénuée d’humour (anglais). Le style est agréable, la construction lente, mais habile jusqu’au dénouement, attendu, positif, peut-être trop convenu pour les amateurs de suspense et rebondissements.

Joanna Cannon, Mrs Creasy a disparu, Harper Collins, 2017, ♥♥♥

ChamanUn roman bref, épuré, d’un style d’une grande finesse qui s’avère une réflexion d’une belle densité sur le deuil, le retour aux sources amérindiennes et sur soi.
Une quête initiatique et spirituelle sur fond de nature et de mysticisme. Simplement beau.

Maxence Fermine, Chaman, Michel Lafont , 2017, ♥♥♥♥

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Un thriller dont les thèmes m’ont immédiatement attirée, quoiqu’ils deviennent un peu redondants au fil des publications : rapt d’enfants, chantage, traîtrise.
L’intrigue de qualité là, mais le style (mauvaise traduction ?) est lourd et les lenteurs ont eu raison de ma patience.

Brad Parks, Pas un mot, Mazarine, 2017, ♥♥

Je remercie sincèrement  Netgalley et les éditions Harper Collins, Lafont et Mazarine pour ces lectures !

 

Emma-rieuse

« L’influence de la vanité sur une cervelle fragile engendre toutes sortes de désastres ».

Belle, douce, intelligente, accomplie, Emma aurait pu être une jeune femme exemplaire, si elle n’avait fait montre d’une certaine suffisance, couplée à la fâcheuse manie de jouer les entremetteuses. Et peu importe si les intéressés partagent ou non les inclinations qu’elle façonne, car Emma est avant tout une jeune femme à l’imagination débordante AustenMansfield_250qui se laisse prendre à ses propres chimères.

Insupportable ! C’est ce que j’ai pensé tout au long des deux premiers tiers de ce roman, tout en m’interrogeant, presqu’à chaque page : comment Jane Austen était-elle parvenue à créer un personnage foncièrement pénible, mais néanmoins captivant et finalement attachant ?

Je reconnais m’être rapidement prise au jeu de cette « faiseuse de couples», curieuse de connaître le résultat de ses entreprises, de découvrir celui qui ferait mentir sa décision de rester célibataire. Et, une fois encore, j’ai été séduite par la subtilité de l’analyse psychologique, la finesse de la critique de mœurs, l’intelligence et la modernité du propos.

Jane Austen, Emma, 10/18, 1996 [1815], ♥♥♥♥♥