Voyages labyrinthiques

9782745995025Embarquez pour un voyage sur les traces des animaux migrateurs ! Des ours blancs aux éléphants du Mali, le lecteur accompagne les animaux dans leurs extraordinaires migrations à travers un dédale de labyrinthes colorés (quatrième de couverture).

Les Animaux Globe-trotteurs est un album-documentaire (à partir de 6 ans) aussi esthétique que ludique ! Un grand volume pour de grandes images qui se déploient sur les doubles pages. Le graphisme, original et audacieux, attire l’œil et donne immédiatement l’envie de parcourir l’ouvrage.

Mais ce n’est pas tout ! L’album, qui propose une découverte des migrations, est aussi un livre-jeu. L’enfant y est invité à suivre sur chaque double page, du bout du doigt, un chemin labyrinthique – avec embûches et autres culs-de sac – qui singe et permet d’appréhender l’itinéraire et les difficultés rencontrées par les animaux. Autant d’espèces (crabes, colibris, ours, saumons et gnous…) que de migrations et de contrées à parcourir (de l’Arctique à l’Antarctique, en passant par le Mexique, l’Afrique ou la Californie). On explore paysages, végétations, climats, rendus aisément différenciables et compréhensibles par les illustrations légendées savamment travaillées et les choix de couleurs qui font sens en plus d’être merveilleusement harmonieux. C’est beau, amusant, facétieux, documenté et intelligent ! En bref, c’est la touche et l’univers de Mélissa Castrillon que je vous encourage à découvrir !

Mélissa Castrillon, Les Animaux globe-trotteurs, Milan, 2018, ♥♥♥♥♥

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #8

Dernier billet récapitulatif pour une longue période, je l’espère ! Maintenant que mon tout nouveau petit coin bureau est installé, j’ai les conditions idéales pour bloguer et normalement le temps pour le faire ! Encore quelques belles découvertes à partager avec vous, mais aussi une petite déception. Quoi qu’il en soit, je remercie sincèrement les éditions Belfond, Bragelonne et Préludes ainsi que Netgalley et Babelio pour leur confiance.

Daylinvitation_250Ben fête ses quarante ans et la somptueuse soirée d’anniversaire qu’il a organisée avec son épouse vire au drame. Serena est dans le coma. Martin, son meilleur ami, entendu par la police et Lucy, l’épouse de ce dernier, internée dans un hôpital psychiatrique.
Le récit remonte aux origines de l’amitié qui lie Martin et Ben pour expliquer ce qui a lentement mené à cette violente conclusion. Amitiés amoureuses et attachements factices, secrets et loyauté, fascination et abnégation, pouvoir et envie, arrogance et froideur : autant de thèmes passionnants, mais traités avec un cynisme tellement clinique que je me suis lassée.

Elizabeth Day, L’Invitation, Belfond, 2018, ♥♥

Greensecondedetrop_250Lisa perd en quelques secondes la trace de sa fille de quatre ans à l’occasion d’une partie de cache-cache. Si le thème de la disparition d’enfant n’est pas original, son traitement rend ce page-turner très efficace et captivant. Trois voix qui alternent dans un récit dynamique, un ravisseur qui se dévoile dès les premières pages et des psychologies complexes qui se dessinent tout au long d’une intrigue très bien pensée. D’un côté, la famille de la petite fille qui – une fois n’est pas coutume – fait front, plutôt que de se déchirer. De l’autre, une femme psycho-rigide, solitaire et meurtrie par la mort tragique de son seul fils. Et un lien inattendu qui se tisse progressivement entre eux…

Linda Green, Une Seconde de trop, Préludes, 2018,♥♥♥♥♥

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Autre enfant, autre disparition, autre variation sur le même thème. Et cette fois-ci, je suis moins convaincue… Pourtant, l’idée d’incriminer les parents dès le début de l’histoire et de dérouler leurs personnalités troubles et forcément coupables est plutôt bien trouvée. Pour autant, il y a trop d’invraisemblances et de rebondissements artificiels pour que le lecteur accroche. Le dénouement – un twist improbable à la limite de la mièvrerie – suffirait à le prouver. Pour autant, le thriller reste divertissant et vaudra notamment pour son analyse des incidences que peuvent avoir les réseaux sociaux sur le déroulement d’une enquête et la perception d’un crime.

Cara Hunter, Sous nos yeux, Bragelonne, 2018, ♥♥♥

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #7

Ayant souffert de problèmes de dos, j’ai déserté bien malgré moi la blogosphère littéraire et pris un peu de retard dans mes chroniques. Retour en douceur aujourd’hui avec un billet récapitulatif de mes dernières lectures. Deux « j’aime » et un coup de cœur : je ne peux être que ravie. Je remercie sincèrement les éditions Nil, Presses de la Cité ainsi que Netgalley pour ces découvertes aussi plaisantes que variées.

Roussonétéretrouvé_250Victimes d’un corbeau, Lazare et Gérald, amis d’enfance se retrouvent 23 ans après qu’un accident a prématurément mis fin à leur amitié. Un jour funeste qu’ils n’ont pas pu rayer de leur mémoire et qui a conditionné leur vie amoureuse. Alors que Lazare s’interdit d’aimer sa sémillante voisine Séraphine, Gérald se remet quant à lui de son divorce. Une seule issue pour les deux amis : partir à la recherche d’Elisa, victime de l’accident qui les a séparés et dont ils étaient tous deux épris. Se cache-t-elle derrière les lettres accusatrices ?
L’été retrouvé c’est donc une touche de mystère, une amitié renaissante, des amours contrariés ; le tout sur fond de magnifiques descriptions des paysages du Gard. Tellement pittoresque, si bien retranscrit, qu’on rêverait d’adopter région et art de vivre ! A défaut de faire ses valises, on y prend virtuellement son temps avec délice, au fil des pages qu’on parcourt avec une gourmande lenteur, spectateur de la vraie bienveillance des personnages, des remords sincères des repentis, des sentiments authentiques qui ne demandent qu’à s’épanouir. Si beau…

Dany Rousson, L’Eté retrouvé, Presses de la Cité [Terres de France], 2018, ♥♥♥♥♥

Un-manoir-en-CornouaillesCornouailles, 1968. Le Manoir des Lapins noirs est la résidence secondaire de la famille Alton qui y passe des étés simples et heureux, malgré la décrépitude des lieux. Jusqu’au drame qui arrache leur mère aux quatre jeunes enfants.
Années 2000,  Lorna rêve de célébrer son mariage dans ce même manoir qu’elle pense avoir connu dans son enfance. Un souhait qui devient obsession après la visite du site. Lorna est envoûtée au point de s’y installer pour un séjour impromptu. Quel secret se cache derrière les murs en ruine de Pencraw ? Et qui est Caroline, la vieille propriétaire des lieux, qui a tant tenu à la voir honorer cette invitation…
C’est sans surprise que les deux histoires se rejoignent, réunissant des femmes injustement séparées par les épreuves. On s’y attend, mais on se prend au jeu. Eve Chase est en effet non seulement une conteuse de talent, mais aussi la créatrice d’un lieu, à la fois attrayant et rebutant, où elle emporte son lecteur complètement conquis. Bref, une histoire prenante et touchante, des personnages bien campés et une atmosphère captivante.

Eve Chase, Un Manoir en Cornouailles, Nil, 2018,♥♥♥♥

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Alice et Jake s’aiment. Pour se le prouver, le couple ne se contente pas d’un mariage, mais accepte d’adhérer au « Pacte » que leur propose l’un des invités, en guise de cadeau. Les jeunes époux pénètrent alors un club fermé (pour ne pas dire sectaire) qui garantit à ses membres, triés sur le volet, la pérennité de leur mariage. La condition à ce bonheur illimité ? Un livret de règles de vie – d’apparence anodines – auxquelles le couple doit absolument se conformer… Quand Alice déroge à l’un des principes, la sanction tombe. Et ce qui devait être un gage de félicité vire au cauchemar.
Excellent à tous points de vue, ce roman engagé et astucieux traite, avec une bonne dose de cynisme, des faux semblants du mariage et des pseudo-recettes pour une vie de couple idyllique. En bref, c’est mordant, captivant, plein de rebondissements. On ne s’ennuie pas un instant : curieux de comprendre le Pacte, d’en saisir les subtilités, puis les impostures et surtout de savoir comment ce couple, attachant et combatif, va s’en sortir ! Drôle, sarcastique, enlevé, rocambolesque, j’en redemande !

Michelle Richmond, Piège conjugal, Presses de la Cité, 2018, ♥♥♥♥♥

Concours bloganniversaire : le résultat !

Le gagnant d’un exemplaire de l’édition spécial 20 ans d’Harry Potter à l’école des sorciers est(clic sur l’image) :

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Le prix de l’immortalité

« Mon nom est Anna et je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas exister. Pourtant j’existe ».

Royaume-Uni, 2140. Un traitement contre la vieillesse et la maladie permet à la population du globe de ne plus mourir. Cette longévité a cependant une contrepartie : les femmes doivent renoncer à donner naissance à un enfant.
Anna est le fruit d’un manquement à cette loi. C’est la raison pour laquelle elle vit recluse dans le pensionnat de Grange Hall, établissement dévolu à l’éducation des enfants nés illégalement. Maltraités, humiliés, endoctrinés, les Surplus doivent y apprendre l’obéissance et la servitude et c’est ainsi qu’Anna s’évertue, chaque jour, à devenir un bon Élément. Toutefois, l’arrivée du Surplus Peter, qui prétend connaître l’histoire et les Malleyparents d’Anna, va peu à peu brouiller les certitudes de la jeune fille.

C’est la couverture de ce roman qui a attiré mon œil, avant que la quatrième ne confirme l’envie de découvrir une histoire et surtout de mieux cerner un genre. Les récits d’anticipation attisent ma curiosité, même si j’en lis relativement peu. J’ai apprécié celui-ci qui, dans une écriture fluide destinée (mais absolument pas réservée) aux adolescents, propose une histoire riche et une réflexion plurielle. Vieillesse/jeunesse, liberté/endoctrinement, écologie ou encore renouvellement des générations, maternité et émancipation : autant de thématiques qui ne laissent pas le lecteur indifférent. Il en va de même de l’émotion qui imprègne l’histoire et rend les personnages résolument attachants, sans pour autant que le roman ne verse dans le manichéisme ou le misérabilisme.

A noter que la série comporte une suite en deux volumes. Qui l’aurait lue ?

Gemma Malley, La Déclaration, Naïve, 2007, ♥♥♥♥♥

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #3

Il y a ces livres passionnants qui nous font nous évader du quotidien et qu’on a du mal à reposer. Mais il y a aussi ces bouquins qui deviennent un véritable pensum… Après de nombreuses années d’études de lettres, je me suis juré de ne plus jamais m’imposer une lecture ! Bref, quand je n’aime pas, je mets éventuellement de côté ou je laisse carrément tomber… Il arrive aussi que j’apprécie une lecture, mais ne trouve pas pour autant les mots pour le dire… Dans tous les cas, c’est décidé, je vous en parle quand même (un peu) !

BeddingfeldInconnueLondres, 19e siècle. Beth, cuisinière, fait une macabre découverte dans le jardin de ses maîtres : le corps d’une femme poignardée. Le coupable est tout trouvé : le couteau resté sur la scène du crime accuse le valet indien. Une injustice qui n’est pas du goût de l’intrépide Beth qui, entre deux plats, décide de mener l’enquête. L’intrigue est divertissante, sans grand rebondissement, mais ancrée dans une époque intéressante. Je reprocherais seulement à l’auteur de trop filer la métaphore culinaire…

Anne Beddingfeld, L’inconnue de Queen’s Gate, Marabout, 2014, ♥♥♥♥

LindgrenhelsinkiDes nonagénaires d’une maison de retraite qui décident de prendre les rênes d’une enquête policière… et de s’évader par la même occasion d’un quotidien quelque peu barbant… Tentant, non ? J’étais alléchée par la quatrième et l’originalité du sujet, le style un brin satirique. Mais voilà, je recommence la lecture de ce roman pour la deuxième fois et je m’ennuie ferme…

Minna Lindgren, Les Petits Vieux d’Helsinki mènent l’enquête,
Calmann Lévy, 2015

Focus

« Le fait d’avoir gardé le secret est encore pire que le secret lui même ».

Catherine est sous le choc : le livre qui a été déposé anonymement chez elle n’est pas un thriller comme les autres. C’est une histoire dans laquelle elle se reconnaît, un roman qui la met en scène et, surtout, qui raconte d’elle ce que nul n’est censé savoir. Un secret qu’elle pensait bien enfoui, un drame qu’elle a caché pour préserver les siens.

indexL’auteur de ce roman à clé assume quant à lui ses actes : son livre crie vengeance. Il a une vérité à faire connaître, une revanche à prendre, une personnalité à dévoiler. Du moins le pense-t-il.

Un page-turner passionnant et très bien construit. Des chapitres brefs, avec une alternance de points de vue qui attise l’envie de poursuivre la lecture. Le tour de force de ce thriller tient probablement au fait qu’aveux et coupables se dévoilent dès les premières lignes. Du coup, le lecteur se demanderait presque ce qu’il a encore à savoir… avant de réaliser que les révélations et autres rebondissements ne font que commencer.

Renee Knight, Révélée, Fleuve noir, 2015, ♥♥♥♥♥