Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas #5

Deux grippes. L’hiver aura au raison de ma santé et réellement contrarié mon rythme de lecture et de blog. Un petit billet un peu plus synthétique, mais qui n’en veut pas moins rendre hommage à deux bons romans. Merci sincèrement aux éditions Presses de la Cité et Métailié  pour ces découvertes.

Giolitoplusgrand_250

Rien de plus grand ou le procès de Maja Norberg, rescapée d’une fusillade dans son lycée, retrouvée un fusil à la main. Au fil des aller-retours entre audiences et souvenirs de la jeune fille, le lecteur, d’abord dubitatif, se prend paradoxalement d’affection pour le personnage central, moins coupable que les adultes nantis qui l’entourent. On en vient à espérer son innocence et on dévore jusqu’à l’issue. Efficace, fluide, surprenant, touchant.

Malin Persson Giolito, Rien de plus grand, Presses de la Cité, 2018, ♥♥♥♥♥

Magnussonurgences_250Pour Anita, il y a d’un côté la vie, difficile mais trépidante, des Urgences, et de l’autre, un vide sentimental à combler, maintenant qu’époux et fils lui préfèrent Heidi et sa confortable vie bourgeoise. Un roman qui alterne rythme effréné et pauses introspectives pour mieux nous faire ressentir le combat intérieur d’une femme qui doute. Un message universel qui mérite qu’on s’y arrête, même s’il est parfois difficile de se reconnaître dans ce personnage un brin égocentrique (mais probablement d’autant plus réaliste).

Kristof Magnusson, Urgences et sentiments, Métailié, 2018,♥♥♥♥

Mortelle jalousie

« Il ne l’aimait plus. Elle l’énervait, l’insupportait. Il n’éprouvait rien d’autre pour elle.
Plus d’amour, plus d’affection, plus de complicité. Rien ».

Désespérée par la mort de son mari, Rebecca Brandt, réfugiée dans sa maison de Provence, est sur le point de mettre fin à ses jours lorsque surgit Max, le meilleur ami de son mari, qui déclare vouloir passer quelques jours de vacances avec elle. Il est accompagné d’un jeune couple d’étudiants, Marius et Inga, qu’il vient de prendre en stop. Rebecca oublie à leur contact son sinistre projet et leur propose de camper dans son jardin. Au bout de quelques jours, Marius, qui semblait si léger et si gai, se montre soudain irascible et agressif. Surtout envers Rebecca, qui, incrédule, comprend peu à peu que le cauchemar ne fait que commencer… (quatrième de couverture).

Linkinvitée_250

C’est avec L’invité de la dernière heure que je découvre la plume de Charlotte Link et je suis ravie de constater qu’elle est prolifique et que je vais pouvoir faire durer le plaisir !
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce roman – une fois n’est pas coutume – c’est qu’il prend son temps. Pour présenter ses personnages, leur histoire, leur tempérament, leur dualité. Pour décrire les lieux, créer une atmosphère, une tension croissante. Pour tisser progressivement des liens entre tous les acteurs, pour mettre en place une intrigue finalement complexe, mais jamais difficile à comprendre.
Fluide, littéraire, le style est dans le même esprit : tout en dénotant un vrai travail d’écriture, il n’est jamais pesant. Bref, encore un coup de cœur !
 

Charlotte Link, L’invité de la dernière heure, J’ai lu, 2009, ♥♥♥♥♥