Horreur, Littérature américaine, Roman

Concept !

C’est bien évidemment le format atypique de l’ouvrage – aux allures de catalogue d’un grand magasin suédois connu – qui m’a fait de l’œil. Ajoutez-y le titre Horrorstör (l’horreur étant ma nouvelle marotte) et l’avis du libraire épinglé sur la couverture mentionnant un “OVNI littéraire”. L’achat d’impulsion était inévitable.

Une fois rentrée chez moi, je feuillette l’ouvrage, découvre avec amusement l’avertissement de l’auteur (qui refuse tout rapprochement avec un magasin suédois toujours aussi connu) et me lance immédiatement dans la lecture de ce roman-catalogue abondamment illustré (une autre marotte)…

Il se passe quelque chose d’étrange au magasin de meubles Orsk à Cleveland, en Ohio. Ces derniers temps, les employés découvrent, en arrivant le matin, des étagères Kjërring démontées, des piles de gobelets Glans renversées, des armoires Liripip fracassées… Les ventes sont en berne, les responsables de rayon paniqués : les caméras de surveillance ne montrent rien d’anormal. Pour lever le mystère, une équipe de trois employés s’engage à rester sur place toute une nuit. Au cœur de l’obscurité, ils arpentent les allées du showroom désert, courent après d’inquiétants bruits et finiront pas se confronter aux pires horreurs… (quatrième de couverture)

La dernière page de l’OVNI tournée, je ne sais trop quoi en penser, ni trop quoi en dire. A y bien réfléchir, j’ai l’impression d’avoir lu l’équivalent de ce que serait un mauvais film d’horreur. Et, dans le premier cas comme dans le second, j’en ressors moins angoissée qu’amusée.

C’est d’ailleurs essentiellement pour son humour que l’on se penchera sur le roman de Grady Hendrix. Côté forme, on appréciera l’évidente parodie, l’imagination débordante, aussi loufoque que glauque. Et notamment la description des meubles qui inaugure chaque chapitre et verse subitement dans celle d’abominables outils de torture. On regrettera les longueurs (comme le veut souvent le genre, il ne se passe absolument rien dans la première moitié de l’ouvrage), l’absence de style et l’happy end. Côté fond, la pauvreté de l’intrigue est compensée par le regard cynique posé sur Orsk et par la critique à peine déguisée (en monstre) des chaînes de magasins qu’il représente. Tout est passé au crible. Organisation au millimètre du parcours de l’acheteur (le fameux sens unique), qualité contestable et montage difficile de meubles fabriqués en série, valeurs pseudo-familiales de l’entreprise, voire une allusion au passé polémique du fondateur du vrai magasin suédois connu, récemment accusé de nazisme.

Au final un livre-concept pour dénoncer un magasin-concept. Dans les deux cas, on adhère… ou pas.

Grady Hendrix, Horrorstör, Milan et demi, 2015, ♥♥♥

Horreur, Littérature écossaise, Roman

Maléfice

En pleine nuit, Lily Blake est agressée et manque de mourir brûlée vive. Un crime commandité par son ex-mari qui s’est assuré le soutien de la FLAMME (la Ligue des Pères Contre les Mères Diaboliques) pour récupérer ses enfants. Alors que le FBI échoue à localiser les petits, la mère désespérée lie un pacte avec un chaman sioux qui s’engage à les retrouver, en échange d’un terre sacrée ayant autrefois appartenu à sa tribu. Il invoque alors pour Lily un esprit de la forêt, le Wendigo, créature cruelle et cannibale, qui a tôt fait de ramener les enfants au bercail, sans épargner pour cela toutes les personnes qui se trouvent sur son chemin. Quand Lily réalise qu’elle ne peut honorer sa part du contrat, elle se rend à l’évidence : il lui faut détruire le Wendigo, avant qu’il ne décime ses proches et ne la tue elle-même.

Sans en être coutumière, j’apprécie la littérature dite “d’horreur”, moins pour ce qu’elle aurait de gore, que pour son atmosphère si particulière, sa dimension psychologiquement angoissante, sa capacité à nous faire frissonner en jouant avec des peurs universelles.

C’est en cela que le Wendigo de Masterton me semble plus proche du thriller que du véritable roman d’horreur (ce qui n’est pas le cas d’autres de ses romans). Malgré une ambiance fantastique et souvent glaciale, ce roman ne fait pas vraiment peur. J’ai néanmoins apprécié la lecture et tout particulièrement la légende amérindienne qui sert de toile de fond, intriguée par ce personnage surnaturel mythique que j’ai découvert et qui a sensiblement largement inspiré art et littérature. A creuser !

Graham Masterton, Wendigo, Bragelonne, 2009, ♥♥♥♥