Changer l’histoire

Légende : Thomas Falcon Marshall, L’arrestation du roi et de sa famille à Varennes, 1854, huile sur toile (Wikimedia Commons, domaine public).

Le 3 juillet 1790, alors que la monarchie est en péril et l’avenir de la France incertain, Marie-Antoinette accorde à Mirabeau une audience secrète à Saint-Cloud. Ces quelques heures à la dérobée suffiront-elles au comte libertin pour renverser l’inexorable cours de l’Histoire ? Car, paradoxalement, une seule volonté anime l’orateur du peuple, élu du tiers état, celle de sauver le trône. Déployant toute son éloquence, le redoutable tribun saura-t-il rallier la reine à ses convictions ? (quatrième de couverture)

Cobertentrevue_250La citation qui sert d’épigraphe à ce bref roman résume bien ce qui en a guidé l’écriture : “La légende se nourrit des lacunes de l’histoire” (Serge Lancel, Hannibal). Avec L’Entrevue de Saint-Cloud, Harold Cobert imagine en effet l’échange qui aurait pu être celui de deux figures majeures de la Révolution française, Marie-Antoinette et Mirabeau, à l’occasion de leur entrevue secrète du 3 juillet 1790. Pour cela, il se base sur sa connaissance encyclopédique du sujet (il est l’auteur d’une thèse sur Mirabeau) et comble les lacunes de l’histoire en se servant de son imagination.

Il en résulte un roman riche malgré sa brièveté, divertissant malgré son érudition, mais surtout particulièrement captivant. La performance du romancier-chercheur tient en effet dans sa capacité à intéresser et à tenir en haleine un lecteur qui connaît non seulement la toile de fond du récit, mais surtout l’issue de l’entrevue et l’échec de Mirabeau à convaincre la reine de France. La richesse de la psychologie des personnages, tout en paradoxes, et les revirements subtils et inattendus du récit y sont probablement pour beaucoup.

Harold Cobert, L’Entrevue de Saint-Cloud, Editions Héloïse d’Ormesson, 2010, ♥♥♥♥♥