Défi musical ♫, Quand je ne lis pas...

Moussorgsky, Tableaux d’une exposition

Amatrice de musique classique depuis mon adolescence, je n’y connais toutefois absolument rien ! Je n’ai jamais pris de cours de solfège, jamais – à mon grand regret – joué d’un instrument. La musique classique est avant tout pour moi une sorte d’échappatoire ou d’exutoire. Elle me procure des sensations, des émotions, une évasion, un peu à la manière de la littérature. Et comme pour les livres, je ne saurais m’en passer. A l’occasion de ce blog, je me lance un petit défi musical ♫ sans prétention, celui d’en apprendre davantage sur ces compositeurs, morceaux, ballets, opéras que j’aime tant. Avec l’envie de partager avec vous mes découvertes !

Pour commencer cette série : Moussorgsky. Et si j’ai choisi ce compositeur c’est afin d’en savoir davantage sur un titre qui m’intriguait : Tableaux d’une exposition. J’espérais, outre le plaisir de réécouter une suite que j’ai toujours beaucoup appréciée, obtenir quelques réponses à mes interrogations… Quels tableaux ces morceaux cherchaient-ils à transposer : une œuvre imaginaire ou une exposition réelle ? Et surtout, pourquoi avais-je la sensation qu’un passage de ces Tableaux évoquait en moi un souvenir d’enfance indéfinissable ?

Pour la première question, quelques recherches ont suffi… Tableaux d’une exposition constitue une suite pour piano composée en 1874. On connaît touteHartmann_--_Plan_for_a_City_Gatefois surtout l’orchestration qu’en a proposé Maurice Ravel en 1922. La suite de morceaux de Moussorgsky est une évocation, sur le principe de la synesthésie, des œuvres de son ami le peintre, architecte et décorateur de théâtre, Viktor Hartmann. Les titres des morceaux renvoient à ceux des toiles et aquarelles, exposées à l’occasion d’une rétrospective. L’ensemble de la composition musicale forme une transposition d’art qui cherche à transcrire l’atmosphère des toiles et dessins impressionnistes (perdus pour la plupart) qui représentaient notamment des souvenirs des voyages du peintre en Pologne, en France et en Italie.

Promenade//Gnome//Promenade//Le Vieux Château//Promenade//LesTuileries//Bydlo//Promenade//
Ballets des poussins dans leur coque//Samuel Goldenberg et Schmuyle//Promenade//Le Marché de Limoges//Catacombe//Cum mortuis in lingua mortua//La Cabane sur des pattes de poule//La Grande Porte de Kiev

Les « Promenades », qui ponctuent les Tableaux d’une exposition, forment un thème récurrent qui symbolise le parcours du spectateur Moussorgsky dans la salle d’exposition, d’une toile à l’autre. Quant aux sensibles variations du thème, elles exprimeraient le ressenti du compositeur, après la contemplation de chaque œuvre.

Ceci dit, tout cela ne m’expliquait pas pourquoi j’avais une sorte de réminiscence en entendant ces Tableaux… Après plusieurs écoutes, je suis parvenue à affiner l’image qui se formait dans mon esprit… Non pas un tableau… mais ceci…

SchtroumpfLes Schtroumpfs ?! Et c’est Wikipedia qui a contre toute attente, confirmé ce souvenir ! Le dessin animé empruntait bien de très nombreux extraits de musique classique et les Tableaux d’une exposition, annonçant notamment l’entrée en scène du sorcier Gargamel !

Légende : Viktor Hartmann, dessin et aquarelle représentant La Grande Porte de Kiev, Institut de Littérature russe (Pushkin House), St. Petersbourg. Source Wikimedia Commons, œuvre d’art du domaine public et reproduction photographique du domaine public. C’est cette œuvre ou un dessin approchant qui a inspiré le dernier morceau des Tableaux d’une exposition.