P’tit Napo, album à clés

501 PTITNAPO[BD].inddMais qu’est-ce qu’il a, le P’tit Napo, à galoper de ville en ville, de pays en pays ? Et si tout ça c’était qu’une histoire de clés ?… Tout petit déjà, sa mère lui offre un hochet avec cette forme si caractéristique. Rien d’étonnant à ce que devenu grand, enfin un peu plus grand, il s’empare des clés d’un palais qui venait de se libérer… Le temps passant, cette passion pour les clés devient telle qu’il se met à en vouloir toujours plus ! Celles du plus grand coffre du pays, celles de quelques prisons aussi, ou les clés des portes d’autres villes… sans parler de celle du cœur de sa belle Joséphine. Aucune serrure ne peut lui résister à notre P’tit Napo, c’est un vrai passe-partout ambulant ! (résumé éditeur)

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Un livre jeunesse comme je les aime ! Un grand volume, des dessins travaillés, attrayants pleins d’humour et un récit pédagogique aussi bien construit que documenté. Avec ce petit plus qui fait toute la richesse de cette collection : aborder la grande Histoire, au travers de la biographie d’un de ses (grand(e)s) Hommes (ou Femmes !). Le tout de manière adaptée (plusieurs niveaux de lecture), quel que soit le lecteur (enfant à partir de 6 ans ou adulte), avec une profusions de clins d’œil et autres références, écrites ou dessinées, subtiles mais abordables (et la fin de l’ouvrage, explicative, est là pour nous éclairer si besoin). Je recommande !

Géraldine Elschner, Ronan Badel, P’tit Napo, p’titGlénat, 2014, ♥♥♥♥♥

Sublimes greffiers

« Le chat… Quel animal mystérieux que celui-là ! ».

Vous êtes-vous déjà demandé quelles pensées secrètes fleurissent derrière leurs yeux envoûtants ? Quelles idées farfelues leur passent par la tête ? Ou bien s’ils vivent des aventures extraordinaires lorsque vous avez le dos tourné ? (extrait de la quatrième de couverture)

Dans cet album raffiné, quinze poèmes rimés et illustrés et autant de portraits de chats, du gouttière au plus « racé », du plus sage au plus rusé, du plus séducteur au plus vindicatif, du contemplatif au mélomane. Et la preuve pour vous, amateurs de la race féline, que les matous ont un vrai caractère et une sacrée psychologie : ils songent, ils observent, ils méditent, ils fomentent. Ils ont des rêves, des aspirations, des grandes et petites manies, des pensées plus ou moins profondes et parfois bien du mal à vous cerner !Perezlacombefacétiechats_bonus

A l’évidence, les auteurs de cet album connaissent merveilleusement bien la race féline (et même ses secrets !) et lui rendent un hommage aussi tendre que malicieux. Le tout sans complaisance et avec une touche d’humour, bien dosée. Il ne s’agirait pas de froisser la susceptibilité de messieurs-dames les Greffier(e)s !

Si j’ai apprécié les histoires facétieuses et les trouvailles de Sébastien Perez, je reste plus mitigée quant au choix du poème, trop simplement rimé, parfois un peu superficiel… Sans oublier toutefois que l’album est avant tout destiné aux plus petits et que la simplicité du texte est ainsi légitimée.

Perezlacombefacétiechats_250Quant aux illustrations de Benjamin Lacombe, je les ai abordées avec une curiosité confiante, étant une amatrice convaincue de sa touche et de son talent, mais néanmoins curieuse de découvrir son approche graphique des chats. Et je ne suis pas déçue : les félins (et autres !) sont superbement croqués, les illustrations fines (les pleines pages tout comme les médaillons qui inaugurent chaque poème), subtiles, amusantes, documentées. On n’hésitera pas d’ailleurs à pousser la lecture jusqu’au bout, pour découvrir un index encyclopédique, illustré et commenté, avec présentation des races évoquées, de leurs habitudes et de leurs particularités.

 

Sébastien Perez, Benjamin Lacombe, Facéties de chats, Margot, 2015, ♥♥♥♥

Noël en boucle #3

Une épine dans le pied

La veille de Noël, la solidarité s’organise autour d’un gros ours blessé. De la neige, un objet pointu, une chute et l’impossibilité pour l’ours de se relever et ce, malgré l’aide de tous les animaux de la forêt.  Alors que l’inquiétude monte au fur et à mesure que la nuit tombe, Hérisson a une idée : si Ours ne peut se rendre chez lui, c’est sa maison qui viendra à lui !
arton671Et tous de s’affairer à construire un abri de fortune autour du grand blessé. Et surtout, de rapporter bougies et dîner pour fêter Noël avec lui. Une belle surprise, une fête magnifique… et finalement plus de peur que de mal !

Un album comme je les aime en cette saison des fêtes : un message positif, une bonne dose d’entraide, de partage et d’amitié, le tout servi par un texte habilement construit, entre humour et poésie. Les dessins colorés, tout en rondeur, sont un régal pour les yeux. J’en ai particulièrement aimé l’ambiance hivernale et nocturne et son bestiaire vraiment attachant.

Je remercie chaleureusement les éditions de L’élan vert (qui proposent de magnifiques collections pour la jeunesse) !

Catherine Metzmeyer, Hervé Le Goff, Un vrai Noël, Les éditions de l’Elan vert, 2017, ♥♥♥♥♥

Noël en boucle #1

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Références

Clément Clarke Moore, La Nuit avant Noël, Lito, 2017 (dès 3 ans)
Mako Taruishi, Yukiko Tanno, La Lettre du Père Noël, Ecole des Loisirs, 1991 (dès 3 ans)

Saveurs d’automne

Dans une cabane, au fond des bois, trois amis, Chat, Écureuil et Canard, concoctent, chaque soir d’automne, une délicieuse soupe au potiron. Pour cela, à chacun sa tâche : Coopersoupepotiron_250c’est Chat qui coupe le potiron en petits morceaux et Écureuil qui ajoute l’eau, tourne la soupe et surveille la cuisson. Quant à Canard, c’est à lui que revient de doser le sel.
Ce jour là, Canard revendique toutefois de changer l’ordre des choses : à lui la cuillère en bois ! Mais les autres n’entendent pas lui laisser ce privilège…

Je vous recommande chaleureusement ce charmant petit album aux couleurs et aux saveurs automnales, qui évoque, en un texte très accessible et amusant, les thèmes de l’amitié, du partage, du compromis.
Un brin désuet au premier abord, le dessin est harmonieux et riche, la mise en page originale. N’hésitez pas à vous attarder sur les vignettes qui regorgent de petits clins d’œil : personnages secondaires (des insectes) à déceler, symbolique des objets et une bonne dose d’humour…

Helen Cooper, La Soupe au potiron, Ecole des Loisirs, 2001, ♥♥♥♥

A tire-d’aile

Un matin d’hiver, un petit oiseau esseulé sur sa branche voit s’approcher l’un de ses congénères. Celui-ci chante pour lui et le réchauffe, puis l’accompagne dans sa découverte du monde, avant de le laisser faire ses propres expériences…

Battutdeuxoiseaux_300L’ensemble des illustrations qui composent cet album sont dans l’esprit de l’image de couverture : de larges aplats, peu de détails, des couleurs froides – un camaïeu de gris et de beige – avec pour seule exception le ventre rouge des deux oiseaux qui attire spontanément le regard du spectateur.

Une atmosphère relativement sombre, peut-être un peu triste ou grave, mais qui symbolise parfaitement la curiosité inquiète du petit oiseau qui découvre le monde. Aux images épurées correspond un texte lapidaire, mais qui n’en est pas moins évocateur, symbolique et touchant.

Eric Battut, Deux oiseaux, Autrement Jeunesse, 2004, ♥♥♥♥♥

Cultiver son imaginaire

Victor se voit confier trois sous et la mission de rapporter à ses parents une grande tranche de poésie. Mais où déniche-t-on ce genre de chose ? Ni à la boulangerie, ni à la boucherie, ni à la pharmacie… pas même à l’école ! Victor ne se laisse pas abattre pour autant et poursuit son investigation : la poésie serait-elle dans les nuages, dans la cuisine, dans le grenier, dans le jardin ou à la bibliothèque ? Et si elle était tout simplement dans le plaisir « au goût de sucre et d’interdit » que Victor ressent en dépensant les trois sous en bonbons ?

Cet album m’a été offert par Les P’tits Bérets et je les remercie chaleureusement pour cette superbe découverte ! N’hésitez pas à faire un tour sur le site de cette maison d’édition dont on ne peut qu’apprécier la vocation :

[Nos livres] font la part belle à la tolérance, au libre-arbitre et au respect des différences tout en développant l’imaginaire. Ils accompagnent les grandes étapes de la vie et de l’enfance pour aider à grandir et à réfléchir par soi-même. 

Mais revenons à cet album d’une grande richesse… Côté texte, Gaelle Péret propose une histoire sobre et tout en douceur, aux mots choisis, pour délivrer un message primordial. La poésie, toujours impalpable, souvent ineffable et pourtant essentielle, est à trouver dans les petits bonheurs du quotidien. Ici ou ailleurs et finalement partout autour de soi, à condition de bien la chercher et de se laisser inspirer !

Côté images, les illustrations (avec trois rabats pour plus de surprises) m’ont emportée. Gérald Guerlais crée un monde animalier fantaisiste et malicieux, en rondeurs, coloré, exotique et, comme pour le texte, riche de significations, d’indices, d’histoires parallèles et de sens cachés. Bref, une seconde invitation à un voyage onirique… et poétique !

 

Gaëlle Peret, Gérald Guerlais, Une Tranche de poésie, Les Petits Bérets, 2015, ♥♥♥♥♥