Petites boîtes, le retour

Aux grands mots, les grands remèdes, mon blog de « bibliothérapie » reprend du service, après une pause de plusieurs semaines pour en affiner le principe et les éléments techniques (c’est du boulot, mine de rien !). Je vous promets de nouvelles petites boîtes dès le week-end prochain. Au plaisir donc de vous retrouver également là-bas, si le concept vous plaît !

Boîte

Throwback Thursday Livresque #38

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

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Il peut s’agir un roman meilleur qu’on le pensait, d’un personnage qui se révèle, d’un lieu, décor, paysage, d’une situation, d’une émotions… bref quelque chose qui a fait vibrer votre être de lecteur.

Mon joyau caché, c’est un livre que j’ai étudié pendant mes années de fac. Un petit livre que je pensais sans prétention mais qui s’est révélé un véritable petit bijou. Adoré à tel point, que je le relis une fois par an, depuis 17 ans (ça ne nous rajeunit pas tout ça !). Le connaissez-vous ?

9782844120595Robert Nathan
Le Portrait de Jennie
Joëlle Losfeld
Chronique
Posologie

Un jeune peintre, pauvre et méconnu, fait la connaissance d’une petite fille, tandis qu’elle joue, seule, au beau milieu du parc qu’il traverse. Ils se lient d’amitié et Jennie fait alors le vœu de grandir le plus vite possible, pour que leur soit donnée la possibilité de s’aimer. Ce qu’Eben Adams ignore, alors que se noue ce pacte enfantin, c’est que Jennie Appleton – qui n’est autre qu’une apparition d’autrefois, une âme perdue – va tenir sa promesse. Et qu’une telle rencontre va bouleverser sa vie d’homme et d’artiste à tout jamais…

Évanescence – extrait #3

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire, « A une passante » in: Les Fleurs du Mal, 1857.
John Singer Sargent, Street in Venice, huile sur bois, National Gallery of Art, 1882
(Source : Wikimedia Commons)

L’humeur livresque du mardi #5

« L’humeur livresque du mardi » consiste à choisir un livre dont le titre et/ou la couverture est/sont à l’image de votre ressenti du moment (le contenu de l’ouvrage ne nous intéressera exceptionnellement pas) ! A chacun toute latitude d’expliciter ou non ce choix, de s’épancher (en quelques lignes ou quelques pages) sur ses états d’âme ou de laisser planer le doute ! Et n’hésitez pas à déposer une trace de votre bonne (ou saute d’)humeur dans les commentaires de ce billet !

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Signé : la fille qui n’en peut plus de l’été 😉

Bis repetita

Berryassassinsoeur_250Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs (quatrième de couverture).

Tout d’abord un grand merci aux éditions Presses de la cité qui me gâtent depuis plus d’un an. Pour ce thriller, aussitôt arrivé dans ma boîte aux lettres (samedi), il fut aussitôt lu ! Il faut dire que la couverture était une invitation ; le titre et la quatrième captivants. Au final, je reste néanmoins sur une impression mitigée. Un petit bilan s’impose…

Les plus

  • Le roman est bref et efficace, avec des chapitres courts qui vont droit au but.
  • Le style est captivant, sans fioriture, et fonctionne bien au vu du tempérament de Nora.
  • L’intrigue tient la route. L’idée de l’enquête menée par amour fraternel est bien trouvée. On s’intéresse à l’histoire des deux sœurs, à leur passé et à la force de leurs liens.
  • Le rebondissement final est satisfaisant.
  • Les lieux, la météo créent une atmosphère propice.

Les moins

  • L’analyse psychologique des personnages est un peu faible. Les motivations des protagonistes sont souvent à peine esquissées, surtout pour les personnages secondaires.
  • Nora m’a été d’emblée antipathique. Ses silences et réponses monosyllabiques répétitifs sont pesants et délaient artificiellement l’intrigue.
  • Même si le dénouement est inattendu, l’histoire est un peu trop prévisible. On se doute que c’est Nora qui mènera l’enquête à son but, on devine qu’elle sera suspectée en cours de route…
  • Le twist final est un peu abrupt, pas forcément très clair. Il y a également quelques incohérences dans le récit ; les intuitions de Nora manquent souvent de fond, de justification.

Bilan

Un thriller efficace et divertissant, qui se lit en quelques heures et trouvera probablement son public, sans être toutefois inoubliable.

Flynn Berry, L’Assassin de ma sœur, Presses de la cité, 2018, ♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – 2e année – Expecto patronum (défense contre les forces du mal)
Le premier livre d’un auteur

Les fabuleuses pensées d’Allie

Règle n°1 : il ne faut jamais enfoncer une spatule au fond de la gorge de sa meilleure amie.

Je ne connaissais pas la plume de Meg Cabot et dans mon projet actuel de mieux connaître la littérature jeunesse et young adult, je crois avoir fait une belle découverte. Qui va d’ailleurs se poursuivre, puisque je sais désormais à quel point l’auteur est prolifique !

Allie Punchie, c’est une petite fille de neuf ans comme les autres – qui aime le rose, a besoin d’une meilleure amie et rêve d’avoir son propre animal de compagnie – la malice et la perspicacité en plus. Pour preuve, son petit carnet, dans lequel, se basant sur sa « grande » expérience, elle édicte les règles (pertinentes pour la plupart et toujours désopilantes) qui se doivent de régir sa petite vie. Un quotidien paisible, entre gâteau d’anniversaire et chamailleries avec ses frères, bientôt bouleversé par la décision « injuste » de ses parents : la famille déménage et Allie va devoir quitter école et « copine (autrefois) préférée ». Et Cabotcarnetallie_250le plus sombre est à venir, quand on sait que la maison accueille en son grenier une main de zombie, prête à terrasser les nouveaux habitants ! Comment Allie va-t-elle bien pouvoir empêcher ce qui s’annonce comme la pire des catastrophes ?

J’ai vraiment pris plaisir à l’écoute de ce roman (à partir de 9 ans et de presque 4h) frais, drôle, enlevé, jamais bêtifiant. Et, en tant qu’adulte, j’affirme ne pas m’être ennuyée un seul instant. Il faut dire qu’Allie a un tempérament affirmé et un sens de la répartie qui prête à sourire plus d’une fois et donne envie de la suivre dans ses aventures. J’ai replongé parfois dans les souvenirs de ma propre enfance, un vrai bain de jouvence… Et quel plaisir de voir évoluer une petite fille qui n’est pas (toujours) stéréotypée et l’assume avec conviction !
On l’aura compris, j’ai vraiment adoré et je pense que la prestation de Camille Donda n’y est vraiment pas étrangère. Je recommande, j’en redemande (c’est en effet le premier tome d’une série) et je remercie vivement Audiolib pour cet envoi !

Meg Cabot, Le Carnet d’Allie (tome 1 : le déménagement), Audiolib, 2018, ♥♥♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – Première année -Pitiponk (défense contre les forces du mal)
Un livre où le héros est un enfant (<13 ans)

C’est lundi, que lisez-vous ? #31

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Fellowesbelgravia_250Belgravia
Julian Fellowes
10/18, 2017

15 juin 1815. Tandis que les troupes de Napoléon sont en marche, la jeune Sophie Trenchard ne peut cacher sa joie. Issue d’une famille d’intendants, la voilà invitée au bal de la duchesse de Richmond, l’évènement qui réunit la plus brillante société de Grande-Bretagne à Bruxelles. Elle espère surtout y croiser le beau Edmund Bellasis, le meilleur parti du moment. Mais la soirée est interrompue par l’annonce d’une bataille imminente : Waterloo. Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard se sont installés à Belgravia, bastion londonien de l’aristocratie. Mais un scandale passé menace leur insolente réussite…

Berryassassinsoeur_250L’Assassin de ma soeur
Flynn Berry
Presses de la cité, 2018

Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

Et j’ai écouté…

Cabotcarnetallie_250Le Carnet d’Allie (tome 1 : le déménagement)
Meg Cabot
Audiolib, 2018

Parce que ses parents ont décidé de déménager, Allie va devoir abandonner sa belle chambre rose, ses meilleures amies, son école, et tout ça pour quoi ? Pour une vieille maison délabrée, toute grise et grinçante. Sans parler de la nouvelle école qu’elle ne connaît pas ! Comment empêcher ce désastre ?
Pour se faciliter la vie, Allie invente des règles folles, qu’elle note précieusement dans son carnet. Règle n°1 : ne pas parler de déménagement à une enfant de neuf ans, sauf s’il s’agit d’Allie Punchie !

Que suis-je en train de lire ?

martinprimates_250Les Primates de Park Avenue
Wednesday Martin
Globe, 2017

Wednesday Martin débarque de son Midwest natal dans l’Upper East Side, le quartier le plus huppé de Manhattan, avec son mari et ses deux enfants. Le rêve se transforme rapidement en cauchemar.
Wednesday est sur le territoire des primates les plus riches de la planète. Une enclave hostile peuplée de femmes au foyer surdiplômées, glamour, mariées à des patrons de hedge funds et totalement dévouées à la réussite de leur progéniture. Armée d’un calepin et d’un crayon, Wednesday Martin consigne, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection.

Langnaheulbeuk_250Le Donjon de Naheulbeuk (Intégrale 1)
John Lang
J’ai lu, 2018

Il était une fois un barbare en quête d’action, un voleur ne reculant devant aucun larcin, une candide fée des bois, un nain revêche, une magicienne entretenant des rapports ambigus avec un ogre peu loquace et un ranger inexpérimenté.
Rien ne les prédestinait à se rencontrer, sinon une insatiable faim d’aventures et une prédisposition à l’échec critique !

Que vais-je lire ensuite ?

Kitsonmanuel_250Manuel de survie à l’usage des jeunes filles
Mick Kitson
Métailié, 2018

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?
Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.
Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.