Premières lignes #3

Séduite par le rendez-vous hebdomadaire initié par Ma Lecturothèque, je vous livre, chaque semaine, les premières lignes de l’ouvrage dans lequel je suis plongée…

« Mathilde de Salignac se tenait accoudée à la fenêtre de son salon pour respirer le parfum des roses qui fleurissaient au pied du mur. le soleil dorait ses cheveux châtain clair et la chair nacrée de sa gorge. Elle avait du chagrin, à la manière d’une fillette à qui on aurait confisqué un jouet.
L’avenir lui paraissait terne, morose. Elle recommencerait bientôt à s’ennuyer, comme pouvait s’ennuyer l’épouse d’un médecin de campagne, son aîné de quelques années.
Pourtant, elle était mariée à un homme honorable, fort estimé dans le pays. Le couple possédait des biens immobiliers importants à Saint-Germain et menait un bon train de vie. Au début de leur union, Mathilde se plaisait dans son rôle d’épouse de notable. Après des études chez les sœurs, elle s’était sentie enfin libre ; elle pouvait à loisir satisfaire sa coquetterie, son besoin de paraître ».

Marie-Bernadette Dupuy, Les Amants du presbytère, Le Livre de Poche, 2019.

Publié par

Fervente lectrice et blogueuse depuis 2007. Spécialiste des relations arts et littérature au dix-neuvième siècle (thèse sur Rodolphe Bresdin et la littérature)

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