Premières lignes #1

Séduite par le rendez-vous hebdomadaire initié par Ma Lecturothèque, je vous livre, chaque semaine, les premières lignes de l’ouvrage dans lequel je suis plongée…

« Les enfants jouaient pendant qu’Holston montait vers sa mort ; il les entendait crier comme seuls crient les enfants heureux. Alors que leurs courses folles tonnaient au-dessus de lui, Holston prenait son temps, et chacun de ses pas se faisait pesant, méthodique, tandis qu’il tournait dans le colimaçon, ses vieilles bottes sonnant contre les marches.
Les marches, comme les bottes de son père, présentaient des signes d’usure. La peinture n’y tenait que par maigres écailles, surtout dans les coins et sur l’envers, où elle était hors d’atteinte. Le va-et-vient ailleurs dans l’escalier faisait frémir de petits nuages de poussière. Holston sentait les vibrations dans la rampe luisante, polie jusqu’au métal. Ça l’avait toujours ébahi : comment des siècles de paumes nues et de semelles traînantes pouvaient éroder l’acier massif. Une molécule après l’autre, supposait-il. Peut-être que chaque vie en effaçait une couche pendant que le silo, lui, effaçait cette vie […] ».

Hugh Howey, Silo, Actes sud, 2013.

Publié par

Fervente lectrice et blogueuse depuis 2007. Spécialiste des relations arts et littérature au dix-neuvième siècle (thèse sur Rodolphe Bresdin et la littérature)

2 commentaires sur « Premières lignes #1 »

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