We’re all mad here

Tout ça ferait une très bonne intrigue pour un roman policier ou un thriller. C’est bien beau sur le papier, mais tu n’as pas le plus petit éléments de preuve. Juste des suspicions des doutes, des supputations.
Encore une fois, aucun juge ne te suivra.

Brillante étudiante à l’Université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de « fugues temporelles » depuis ses 11 ans, année où elle a été enlevée, dans des circonstances mystérieuses qui n’ont jamais été élucidées. En vacances dans le chalet familial au bord du lac Mendota, la jeune fille est seule avec son beau-père Richard, sa mère ayant dû se rendre en urgence à Chicago pour son travail. En pleine nuit, elle se réveille les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Elle n’est plus dans sa chambre mais dans celle de ses parents. Richard gît à ses côtés, égorgé… Arrêtée, Jane est déférée devant la Cour criminelle. Elle le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l’affaire est claire : Jane a commis ce crime odieux dans une crise de folie. Ce n’est pourtant pas l’avis de Joseph Sleuth, l’agent local du FBI, qui penche plutôt pour un assassinat politique maquillé en crime de famille. Écologiste militant, Richard, en campagne électorale pour le poste de sénateur, avait en effet de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, lobby puissant et influent, où le père de Jane Barnabyfleurpeau_250est courtier… Libérée sous caution et placée en observation dans un hôpital psychiatrique sur décision du juge, Jane est prise en charge par un spécialiste de l’hypnose. Au fil des séances qui la replongent dans son passé, elle retrouve la mémoire. L’étau se resserre… (quatrième de couverture).

Le roman de James Barnaby réunit nombre des ingrédients qui font un bon thriller : personnages à la psychologie trouble, policier torturé au sombre passé personnel, thématiques captivantes (organisations sectaires, secrets de famille, maladie mentale, hypnose…), rythme haletant et rebondissements bien menés. Ceci étant dit, le roman a surtout un petit quelque chose en plus qui fait toute la différence. L’idée géniale (et inédite ?) de l’auteur d’inscrire la pathologie de Jane et a posteriori toute l’intrigue dans le sillage des films de Walt Disney. Des histoires pour enfants bien moins inoffensives qu’on ne le pense, puisqu’elles sont, dans ce roman, un véritable outil de manipulation mentale.
Délicieusement terrifiant, malgré quelques coïncidences un peu grosses et une fin de récit banale et quelque peu malvenue.

James Barnaby, À Fleur de peau, Editions de Borée (Marge noire), 2018,  ♥♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – Quatrième année – Croc-en-manche (quidditch)
un livre pour lequel vous auriez souhaité une fin différente

3 réflexions sur “We’re all mad here

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