Retour à la Marette

Je fais partie de cette génération qui, adolescente, a découvert l’Esprit de famille et les sœurs Moreau en piochant dans la bibliothèque maternelle. Je me souviens avoir été intriguée par le titre d’un des volumes qui associait sur la tranche « la poison » à une certaine « Cécile ». Un qualificatif alors tombé en désuétude, dont je ne comprenais pas vraiment le sens. La quatrième de couverture m’a renseignée et m’a surtout donné l’envie de découvrir l’histoire de cette famille unie, racontée au travers du regard de la douce et timide Pauline puis de l’espiègle Cécile. Une fois remis dans l’ordre, j’ai littéralement dévoré les six volumes à la suite, avant de me précipiter sur la série en DVD (ah ce générique !). Un coup de cœur jamais démenti au fil de mes relectures. A chacune d’elles, je me rapprochais en âge d’une autre des sœurs… avant de les dépasser toutes (amplement) ! 

 

Lorsque j’ai découvert le projet de réécriture de Janine Boissard sur Netgalley, je n’ai pas hésité un instant et j’ai croisé les doigts pour que les éditions Fayard m’accordent ce plaisir. Lecture validée le lendemain, livre terminé dans la foulée. C’est le seul reproche que je ferai d’ailleurs à ce roman :  il est bien trop court !
cover149098-mediumAvec les Quatre Filles du Docteur Moreau, Janine Boissard transpose (une partie de) son Esprit de famille dans notre époque. Si les préoccupations de Bernadette, Claire, Pauline et Cécile se veulent celles de jeunes femmes et adolescente actuelles (anorexie, portable, écologie et autre chanson de Louane le prouvent), l’auteur rate le coche de peu. Les quelques références qui émaillent le texte ne suffisent pas à ancrer le récit dans notre quotidien : les comportements, réactions, façons de s’exprimer des filles ou la rigidité compassée du Docteur paraissent surannés.
Peu importe. On ne boude pas son plaisir d’ouvrir une nouvelle fois les portes de la Marette, de partager les premières amours, les déceptions et les joies de ces quatre filles fraîches et spontanées, de se blottir dans ce cocon aimant et chaleureux. Et l’on en conclut, non sans nostalgie, que Janine Boissard – celle des années 80 ou 2018 – a tout compris : le bonheur est dans le vie de famille.

Janine Boissard, Les Quatre Filles du docteur Moreau, Fayard, 2018, ♥♥♥♥

Une réflexion sur “Retour à la Marette

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