Loi des séries

« Cette planète comporte un ramassis de tarés. »

Le froid de novembre. La neige et l’horreur. En France, à Lyon, un homme est assassiné dans une église. Son dos a été tailladé, sa langue, coupée. À sept cents kilomètres de distance, sa fiancée est retrouvée pendue à un arbre. Un meurtre maquillé en suicide. Très vite, le sang se répand jusqu’en Belgique. Dans un asile abandonné, on découvre le cadavre d’une femme entièrement nue, le visage arraché. Une folie sans nom. Les meurtres s’enchaînent, et tous portent la signature d’un tueur en série libéré un an plus tôt, le Borgne. L’homme aurait-il repris du service ? Difficile à croire vu son âge avancé et son état de santé. Non, la réalité est bien plus noire. Laura, Milan et Adami, des policiers visages-et-des-morts-finalvenus de tout horizon, vont rapidement le comprendre. « Nous ne sommes pas face à un tueur en série, mais à une série de tueurs ». Et ceux-ci se sont réunis en force, décidés à marquer les mémoires de leurs crimes pour entrer dans la postérité (quatrième de couverture).


Des Visages et des morts
ou le roman de tous les excès. Dans l’intrigue pour commencer, avec un foisonnement de lieux, d’enquêteurs, de témoins, de types de meurtres, de tueurs et de victimes. Des excès rhétoriques ensuite. Si le lecteur ne se perd pas dans ces méandres, c’est que l’auteur résume, rappelle, rabâche, reprend sans cesse, pour ne pas l’égarer. Excès d’exercices de style : la métaphore est filée, filée, filée* et les morceaux de bravoure s’accumulent.  Excès dans le propos aussi. Le thriller est émaillé de petites réflexions ou grands conseils sur à peu près tous les sujets à la mode : écologie, consumérisme, santé, féminisme, sens de la vie et besoin de reconnaissance…. Des digressions souvent moralisatrices qui alternent avec les rebondissements (et un excès d’improbables pirouettes) qui s’enchaînent à une vitesse vertigineuse. Pour autant – excès d’imagination ? – l’auteur doit faire appel à un deus ex machina – sous les traits d’un voyant qui tombe du ciel – pour relancer l’enquête – et son récit – qui piétine.

Bref, on l’aura compris, entre ennui et exaspération, je suis ressortie complètement essoufflée de ma lecture (cette critique sévère – je le conçois – n’engage que moi). Je n’en remercie pas moins Babelio et les éditions de Mortagne pour ce partenariat.

Mickaël Koudero, Des Visages et des morts, Editions de Mortagne, 2018, ♥♥

*Trois années maintenant que cet être, si doux, si fragile, composait son univers. Aujourd’hui, lui seul comptait. Il était sa terre, son ciel, ses points cardinaux. // Les flots d’informations cognaient dans son crâne, tels des moustiques contre une fenêtre éclairée en pleine nuit // Courir. Transpirer. Vider l’horreur qui s’accrochait à sa peau telle une sangsue visqueuse.

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