Crime gourmand

« J’ai préparé un bœuf mode en gelée, tel qu’il est évoqué dans Le Temps retrouvé et A l’ombre des jeunes filles en fleurs. C’était un des plats préférés du grand Marcel…
Servez-vous ! »

Le Bocage gourmet, restaurant situé au cœur du Calvados, doit sa réputation à sa célèbre sauce à base de crème fraîche, dont la composition est jalousement conservée. La critique gastronomique Laure Grenadier, accompagnée de son photographe Paco Alvarez, a décidé de consacrer le prochain numéro du magazine Plaisirs de table aux produits fermiers de Normandie. Pour débuter son reportage, elle fait halte dans cette institution du pays d’Auge afin de dresser le portrait de son chef. Mais le repas vire bientôt au cauchemar et se termine dans les locaux de la gendarmerie. Plusieurs clients sont victimes de la fameuse crème dont les ingrédients alourdissent singulièrement l’atmosphère. Promotion immobilière et protection du littoral, implantation d’un nouveau lieu de commémoration, extension contestée d’un luxueux haras récemment acquis par des princes qataris, un faisceau d’indices conduit à penser que certains Balenbarrotcrème_250représentants de la République étaient précisément visés (quatrième de couverture).

L’intrigue, mince, sans consistance et menée sans aucune originalité, est compensée par de nombreuses digressions sur la région, la littérature et – cela va de soi – la gastronomie. L’idée aurait pu être bonne. Elle m’a même séduite au début de l’ouvrage. Toutefois, les anecdotes faussement érudites sont amenées tellement artificiellement qu’elles finissent par plomber le récit. On oscille entre l’extrait tiré de Wikipedia et le guide touristique. Même les allusions à Proust ont fini par me lasser. Bref, ma découverte de la série des « Crimes gourmands » s’arrêtera là. Pourtant l’idée semblait alléchante.

Noël Balen, Vanessa Barrot, La Crème était presque parfaite, Points, 2017, ♥♥

Publié par

Aelys

Aelys, 38 ans, fervente lectrice et blogueuse depuis 2007. Spécialiste des relations arts et littérature au dix-neuvième siècle (thèse sur Rodolphe Bresdin et la littérature, 2007) "La littérature ne permet pas de marcher, mais elle permet de respirer". Roland Barthes

Une réflexion sur “Crime gourmand”

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