Cruauté enfantine

Femme heureuse, amie choyée, mère accomplie, Laura mène la vie parfaite dont elle a toujours rêvé. Un bonheur sans faille interrompu par l’appel de détresse de la mère d’une de ses anciennes camarades de classe. Heddy est hospitalisée pour des troubles psychiatriques et sa famille compte sur Laura pour la sortir de cette situation.
C’est avec réticence que Laura accepte d’apporter son aide à celle qui était en vérité un souffre-douleur. Si elle décide d’agir, c’est avant tout pour se débarrasser d’une situation qu’elle juge embarrassante, avant que la culpabilité ne prenne progressivement le pas…

Culte des apparences et culpabilité

Dans un style fluide et sans fard, Suzanne Bugler déconstruit, au fil des pages, la vie prétendument parfaite des personnages de son roman. L’occasion d’une critique acerbe du culte des apparences et d’un tableau assez réaliste de la culpabilité, transmise ici au fil des générations. Contrairement à mon attente (les couvertures sont trompeuses !), pas de crime dans ce thriller, mais je n’en ai pas été moins happée par cette lecture. D’abord amusée par le récit au vitriol d’une vie de couple à la dérive et d’amitiés factices, puis avide de connaître l’issue de la rédemption du personnage principal.
Ceci dit, l’auteur n’en est pas pour autant complaisant : à chacun d’assumer les conséquences de ses actes.

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Ce bonheur trop parfait

Bugler Suzanne
Presses de la Cité
2012
♥♥♥♥

Laura a la vie parfaite dont elle a toujours rêvé : un mari avocat et des enfants merveilleux, des amies riches, une maison dans la banlieue cossue de Londres. Un jour, elle reçoit un appel de détresse de la mère de Heddy, une ancienne camarade d’école. Ni jolie ni intelligente, mal dans sa peau, celle-ci était le souffre-douleur de Laura et ses amies. A présent internée dans un asile psychiatrique, elle demande avec insistance à revoir Laura…

Ces livres dont je ne parlerai (presque) pas

Il y a ces livres passionnants qui nous font nous évader du quotidien et qu’on a du mal à reposer. Mais il y a aussi ces bouquins qui deviennent un véritable pensum… Après de nombreuses années d’études de lettres, je me suis juré de ne plus jamais m’imposer une lecture ! Bref, quand je n’aime pas, je mets éventuellement de côté ou je laisse carrément tomber… Il arrive aussi que j’apprécie une lecture, mais ne trouve pas pour autant les mots pour le dire… Dans tous les cas, c’est décidé, je vous en parle quand même (un peu) !

3C’est pour sa forme que j’ai choisi de lire ce thriller. J’aimais vraiment  l’idée d’un récit hétérogène, construit au fil de témoignages et récits sous formes diverses : échange de lettres, extraits de blog, émotions twittées, histoires facebookées… Me voilà toutefois à la moitié de l’ouvrage : et si la forme me séduit toujours, le fond m’ennuie… J’abandonne… temporairement ?

T.R. Richmond, Ce qu’il reste d’Alice, Lgf-Lévy, 2016,

2Alice s’absente et, à son retour, ne reconnaît pas l’enfant qui se trouve dans le berceau. Alors que tous s’inquiètent de sa fragilité mentale, Alice se doit de convaincre la police si elle veut retrouver Fanny. Si j’ai apprécié l’histoire et le portrait d’une famille machiavélique, me laisse perplexe la nécessité d’un chapitre “explicatif “ pour donner sens à une issue improbable.

Sophie Hannah, Pas de berceuse pour Fanny, Lgf, 2010, ♥♥♥

8Les critiques étaient attirantes : histoires inventives, humour anglais, Agatha Christie en puissance…. Je me suis donc plongée dans le dernier opus. Et… déception : une intrigue sans consistance, des personnages caricaturaux, un dénouement sans surprise et des passages qu’on croirait tirés d’un guide touristique.

M.C. Beaton, Agatha Raisin enquête. Vacances tous risques, Albin Michel, 2017, ♥♥♥