Défense

Alors qu’arrive le moment de présenter son travail à son chef, Sophie, au bord de l’épuisement professionnel, s’entend plaider sa grossesse débutante pour excuser son manque d’entrain et de performance. Un mensonge qu’elle renouvelle, une fois chez elle, en annonçant à son compagnon sa future paternité, espérant ainsi redonner un nouveau souffle à son couple. Ce qu’elle ignore c’est qu’Alain lui cache depuis toujours un secret : sa stérilité. Une situation qui fait naître le doute dans ce couple fragile. Alors qu’Alain se croit trompé, Sophie ne peut que constater le manque d’enthousiasme de son conjoint. A l’issue d’une ultime dispute, ils se séparent… tandis que Sophie s’enferre dans son fantasme.

Portrait d’une femme en mal d’enfant rudoyée par la société

Au-delà de la réflexion sur le mensonge et ses conséquences, ce roman propose le portrait touchant de justesse d’une quarantenaire qui s’interroge sur ses choix de vie, tant professionnels que personnels. D’une femme fatiguée et rudoyée, en mal de maternité, en quête de sens et de liberté, dans une société où l’altérité est pointée du doigt. Il témoigne aussi – avec empathie et sans jugement – du profond mal-être, croissant, lancinant, étouffant, que peut générer l’épuisement au travail. J’ai été touchée, je me suis sentie concernée, j’ai apprécié la délicatesse du propos qui ne verse pas pour autant dans le mélodrame. La fin heureuse est une douce consolation. Je remercie les éditions les Escales pour cette lecture en avant-première.

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La Femme qui ment
Hervé Bel
Les Escales
2017
♥♥♥♥♥

Sophie a quarante-trois ans. Elle vit à Paris avec Alain. Tous les jours, elle prend le RER pour aller travailler à la Défense. On la veut efficace, rapide, moderne, performante. Elle s’y emploie. Mais la cadence est infernale, elle se sent au bout d’un cycle – bientôt elle sera vieille. Un jour, acculée par son patron qui lui reproche la mauvaise gestion d’un dossier, elle ment. Prétend être enceinte. C’est le début d’un engrenage, tout un système de défense qui, un temps, allège son quotidien. Grisée, Sophie décide de mentir à son tour à Alain. [La suite…]

Un secret à vous dire

Comment parler de ce roman et, plus encore, du secret qu’il renferme sans trop en dire et gâcher le plaisir de lecture ? J’ai beau tourner ma chronique dans tous les sens, je n’y arrive pas ! Je préfère donc vous renvoyer vers la prudente quatrième de couverture, vers les blogs qui depuis longtemps en parlent très bien, tout en vous invitant fortement à lire ce roman qui interroge beaucoup (qu’aurais-je fait d’ailleurs d’un tel secret ?) et dont le succès est tout à fait justifié.

Ceci étant dit, ce billet ne s’arrêtera pas là puisqu’il se veut avant tout le récit d’une première expérience – le livre audio – et s’inscrit dans le Challenge Lectures improbables. Je remercie les éditions AudioLib qui m’a permis de faire cette excellente première découverte.

Pourtant, les choses n’ont pas très bien commencé. La première difficulté ayant été pour moi de trouver le support adéquat pour écouter le CD MP3 : mon baladeur (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans …) ne supportant pas le fichier, mon lecteur ayant beaucoup de mal à identifier les pistes, n’ayant pas de voiture et donc pas d’autoradio non plus. Finalement, c’est sur le lecteur DVD dans mon salon que j’ai pu écouter Le Secret du Mari. Canapé en prime, pas mal !

Première session d’écoute

Casque_500Il faut un certain temps pour prendre ses marques. La voix est très agréable et l’écoute me confirmera la qualité du jeu de Nathalie Hugo. Je dois un peu me concentrer, mes pensées ont tendance à s’évader et je perds le fil. Je prends aussi conscience que l’écoute va me prendre un certain temps (surtout si je continue mes rewind ^^). J’abandonne au bout de deux chapitres. Je suis trop préoccupée et je veux vraiment pouvoir profiter de l’expérience de manière optimale.

Deuxième session d’écoute

Je m’installe confortablement et la magie opère. J’y passe plusieurs heures et le plaisir est là. Résultat d’une lecture de grande qualité et d’une histoire prenante.

Troisième session d’écoute

Si j’avais encore un doute, il disparaît à cette occasion. Je suis une grande migraineuse. Et ce jour-là, si je souffre modérément, je ne peux pas lire pour autant. Mais écouter la suite du roman oui ! Contre toute attente. Même si je sais que ce ne sera pas possible en cas de migraine aigüe, je réalise que les livres audio ont une nouvelle raison d’être pour moi.

Quatrième, cinquième, sixième session…

Expérience très concluante. A renouveler au plus vite. Je songe même à m’équiper d’un lecteur MP3. Seul bémol, il faut avoir du temps à consacrer à cette écoute que je n’imagine faire qu’en parallèle de mes autres lectures. J’en ferai bien un rendez-vous « congés et vacances » . En tous cas, il n’est plus question de lecture improbable !

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Le Secret du mari
Liane Moriarty
Albin Michel
2015
♥♥♥♥♥

Jamais Cecilia n’aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l’ouvre et le temps s’arrête…
À la fois folle de colère et dévastée par ce qu elle vient d’apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu elle aime souffriront.

 

Miscellanées #1

Bonjour à vous !

Je retrouve enfin ces pages, après une pause imprévue. Ma santé m’a joué des tours. Du coup, j’ai pris de retard dans mes chroniques, mes lectures et mes visites et me suis rendue à l’évidence que ce petit espace et les vôtres me manquaient ! Heureuse donc de vous retrouver, avec l’envie de partager immédiatement quelques bonnes nouvelles, littéraires et bloguesques !

Pour commencer, quelques nouveaux abonnés à ce blog : bienvenue à Revanbane45, moonlightsymphonie, Viduite, leslivresderose, Flof’, Ô grimoire ! Sans oublier Jessica dont je fréquente le Bordel Culturel depuis longtemps (allez-y !), sans avoir le moins du monde deviné que je l’avais déjà croisée dans la vraie vie… La blogosphère est finalement petite !

Je vous invite également à rendre une petit visite à Nina qui propose, au menu de son Rest’o littéraire, un livre voyageur ! La première session – dont je fais partie – est complète, mais les inscriptions à la deuxième sont d’ores et déjà ouvertes. En voici le principe :

Un livre poche (Paulo Coehlo, Adultère). Un voyage d’un an. 12 mois et 12 participants. Chacun dispose ainsi d’un mois pour lire le livre, en faire une chronique, y écrire un petit mot sur les pages et le renvoyer au prochain sur la liste ! Le dernier boucle la boucle en renvoyant l’ouvrage à Nina qui le gardera précieusement !

Placeholder ImageAutre expérience  – que je renouvelle avec grand plaisir – celle du swap ! Il y a dix ans, alors que je faisais mes premières armes dans la blogosphère, je me souviens – pauvre étudiante désargentée ou presque – avoir économisé pour participer à l’un ou l’autre de ces merveilleux échanges ! J’en avais même organisé un ! Je me réjouis donc de participer à celui organisé par Rue Camille autour du thème de la rentrée. Le colis devra contenir au minimum : un livre, un objet de papeterie, une gourmandise ou un thé, le tout accompagné d’un petit mot. Tentés ? N’hésitez plus, les inscriptions sont encore ouvertes jusqu’à demain !

Et vous, quels projets à l’aube du mois de septembre  ?

Départ pour Montréal

« Sa grand-mère l’a serrée contre son cœur sans pouvoir rien dire, son grand-père ravalait ses larmes, seules ses sœurs se sont laissées aller à pleurer et abondamment. Elle-même n’a pas bronché, sa grosse valise posée à côté d’elle, les lèvres un peu tremblantes, mais pas trop ».

Dans ce roman d’apprentissage, au style délicat, le lecteur fait la connaissance d’une petite fille attachante qu’il accompagne au long d’un voyage difficile mais formateur, qui la contraint de quitter une famille aimante – et avec elle les douceurs d’une enfance ingénue – pour retrouver une mère qu’elle connaît trop peu.

Voyage onirique, roman d’apprentissage, portrait d’une famille méconnue

Au fil des escales, réelles ou oniriques, c’est un continent, mais aussi toute une série de protagonistes que l’on découvre en compagnie de Nana : des rencontres éphémères qui laissent entrevoir des personnalités riches et surprenantes et qui esquissent peu à peu une histoire familiale captivante.

Depuis que j’ai découvert, il y a longtemps déjà, la plume de ma chère Arlette Cousture, je suis toujours à le recherche d’ouvrages (ou mieux encore de sagas) évoquant, d’une manière ou d’une autre le Canada et son histoire. A défaut de pouvoir m’y rendre pour de vrai, j’y voyage au moins virtuellement !
Ce sublime roman a comblé mes attentes, puisqu’outre l’évocation du Canada du début du siècle dernier, j’y ai retrouvé retranscrits, pour mon plus grand plaisir, une langue et un accent que j’aime tout particulièrement.

Tremblaytraversée_250La Traversée du continent
Michel Tremblay
Linéac/Actes Sud
2008
♥♥♥♥♥

En 1913, à Sainte-Maria-de-Saskatchewan, Rhéauna apprend de sa grand-mère que sa mère souhaite l’avoir près d’elle à Montréal. Il lui faudra quitter cette famille d’adoption où, en compagnie de ses sœurs Béa et Alice, elle grandit entourée d’amour, au milieu d’infinis champs de maïs. En trois jours et trois rêves, elle va traverser le continent et rencontrer des personnages aux ailes felliniennes. A son arrivée à Montréal, une des pages les plus importantes de sa jeune vie aura été tournée : Nana n’ira plus entendre pousser le maïs dans la nuit en craignant l’œil du Grand Manitou. Ce qui l’attend, au-delà du bonheur fragile de retrouver sa mère, n’a pas encore de nom en elle.

Délicieux !

« Chaque dimanche, exaspéré, il voyait toute la famille débarquer au beau milieu de la confession, Lady Emily échappant tantôt son foulard, tantôt son livre de prières, et s’évertuant, dans des murmures bruyants et affectueux, à placer les siens […] elle se conduisait dans l’ensemble comme si l’église était la demeure d’un ami ».

Une curiosité : tout y est extravagance, oisiveté, dilettantisme !

Les éditions Charleston recèlent décidément de véritables perles et ce roman datant de 1934 en est une, baroque à souhait ! Ne vous fiez pas complètement à la quatrième de couverture qui ne rend pas suffisamment hommage à ce livre qui pourrait passer pour une seule romance, un peu mièvre. Le Parfum des fraises sauvages est une curiosité : tout y est extravagance, oisiveté et dilettantisme. Ce postulat accepté, on se régale et on s’amuse franchement au sein de cette famille bourgeoise, caricature indubitable d’elle-même. Angela Thirkell, dans un style désopilant et inédit, s’en moque gentiment et nous, lecteur, de la suivre avec délice ! Un excellent roman !

Thirkellfraisessauvages_250Le Parfum des fraises sauvages
Angela 
Thirkell
Charleston
2016
♥♥♥♥♥

Mary Preston, jolie jeune fille sans fortune, est invitée par sa tante Agnès à passer l’été dans sa splendide propriété familiale, au cœur de la campagne anglaise. À Rushwater House, la saison s’annonce pleine de surprises, de frivolités et d’insouciance. Mais le cœur de Mary sera mis à rude épreuve face au séduisant et séducteur David Leslie, l’artiste de la famille qui navigue entre Londres et Rushwater… Cependant, Agnès et sa mère, la sémillante Lady Emily, espèrent persuader la jeune femme de faire un tout autre mariage, bien plus convenable. Entre les balades au clair de lune dans les jardins resplendissants et le grand bal organisé à Rushwater, cet été comblera-t-il les espérances romantiques de Mary ?

Tarzan : sacré galop, hein ?

Un roman jeunesse illustré (par Louis Thomas) intelligent et méchamment drôle à mettre dans les mains de vos bambins. Et en tant qu’adulte, j’ai moi aussi souri du début à la fin de ma lecture.

Il y a, bien sûr, le plaisir de parcourir les aventures de Tarzan, poney malchanceux et caractériel, et finalement pas si méchant qu’on le croit.
Mais, plus encore, c’est l’humour cynique et impertinent de Cécile Alix qui vaut le détour et transparaît dans un texte subtile, documenté et merveilleusement annoté !
Merci aux éditions Poulpe Fictions (via Netgalley) : j’ai adoré !


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Tarzan poney méchant
Cécile Alix
Poulpe Fictions
2017
♥♥♥♥♥

« Les pensées secrètes d’un poney grincheux enfin dévoilées. »
Je me suis fait avoir sur toute la ligne ! Mon ami Noé a déménagé et sa famille m’a collé en pension au club des Edelweiss, un endroit abominable ! Rempli de stars à crinières tressées et de ponettes à leurs mémères ! Tout ça me rend vraiment… méchant ! Et les choses ne s’arrangent pas quand on m’inflige Jeanne, la pire cavalière qui soit, et qu’on m’oblige à partir en randonnée avec cette maladroite hargneuse sur le dos… 

 

Douleur maternelle

« Elle était bel et bien en train de subir la pire chose qui puisse arriver à un parent. La pire de toutes. ».

Trois enfants enlevés dans une même localité. Une enquête pour rapt qui piétine. Et pour Helen et Sean, la preuve que cela n’arrive pas qu’aux autres. Alors qu’ils en ont confié la garde à leur fille adolescente, leur petite Frankie de 3 ans disparaît à son tour, enlevée dans son lit.
L’inspecteur principal Patrick Lennon sait qu’il a peu de temps pour retrouver le ravisseur de ces quatre victimes, d’autant qu’un des enfants est retrouvé mort dans un camp de nomades. Mais les coupables ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Et Patrick Lennon le sait, l’amour qu’une mère porte à son enfant ne l’empêche pas toujours de commettre l’irréparable…

Quatre mains pour un thriller efficace et haletant.

Heureusement que je ne me suis pas fiée à ma première impression, due au titre (français) de ce thriller (que je continue à trouver peu convaincant, même si je ne suis pas bien plus inspirée !). Parce que celui-ci mis à part, je n’ai absolument rien à reprocher à ce roman écrit à quatre (talentueuses) mains !
Tout y est réuni pour en faire une lecture prenante : page-turner aux chapitres courts et aux voix multiples, intrigue efficace et rebondissements pluriels bienvenus, analyse psychologique fine des personnages – pour certains bien plus complexes et impliqués qu’il n’y paraît, toutes générations et relations familiales confondues.
Ce qui fait le petit plus de ce thriller et contribue à mon coup de cœur, c’est le traitement de son thème – somme toute plutôt convenu – mais envisagé ici avec une certaine originalité, dans le fait notamment que l’inspecteur Lennon soit indirectement et personnellement concerné. Et de fait, persévérant, humain, et particulièrement attachant.
Je n’en dirai pas plus… lisez-le ! De mon côté, j’attends la suite de cette série prometteuse avec impatience et remercie les éditions AmazonCrossing (via Netgalley) pour cette lecture idéale en cette fin d’été.

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Le Berceau de la peur

Louise Voss & Mark Edwards

AmazonCrossing
2017
♥♥♥♥♥

La première enfant a été enlevée chez elle.
Le deuxième, dans la voiture de sa mère.
Et la troisième, dans sa propre chambre à coucher…
Lorsqu’un soir, Helen et Sean Phillips sortent en laissant leur fille aînée de 15 ans garder sa petite sœur Frankie, ils ignorent qu’ils s’apprêtent à vivre le pire cauchemar de tous les parents.