Je l’avoue : j’ai d’abord sélectionné ce livre pour sa couverture singulière, puis pour sa quatrième qui m’a attirée bien que je ne sois pas vraiment une lectrice de ce type de romans. Les premières pages tournées, j’ai eu un gros doute, imaginant la suite et la fin selon moi prévisibles : une histoire d’amour entre deux esclaves sur fond d’histoire australienne. J’ai bien failli abandonner.
Je dois avouer que j’ai abordé la lecture de ce roman dans de très bonnes dispositions : couverture (avec neige) et illustrations attrayantes de Gianni De Conno, présentation soignée de cette collection et surtout thématique du pensionnat conjointe à l’ambiance québécoise… Et je n’ai pas été déçue.

Liberté… Ce mot avait-il encore un sens ?
La société à laquelle ils appartenaient désormais semblait ne pas le connaître.

Et bien Madeleine Mansiet-Berthaud m’a bien eue ! Un renversement de situation et je me retrouve happée par ma lecture. Un récit passionnant, loin de la (seule) romance que j’avais imaginée. Et j’en retiendrai tout particulièrement deux aspects. D’abord les messages que l’auteur délivre : sur la souffrance des peuples autochtones chassés de leurs propres terres, sur l’altérité qui isole et construit un tempérament, sur le désir de vengeance souvent funeste. Je me souviendrai aussi et longtemps de mon voyage historique et dépaysant dans le bush, qui a déroulé devant moi une Australie plus tout à fait native, mais encore riche d’une culture ancestrale envoûtante. Beau et intense, tout simplement.

Wanda m’a été gracieusement envoyé par les éditions Presses de la Cité que je remercie chaleureusement.

Mansietwanda_250Wanda
Madeleine Mansiet-Berthaud
Presses de la Cité
2017
♥♥♥♥♥

En Australie, au 20e siècle. La destinée bouleversante de Wanda, née d’une mère aborigène et d’un père blanc. Wanda est née en plein bush, dans une réserve au nord de l’Australie. C’est une muda-muda : moitié aborigène, moitié blanche. A huit ans, elle est arrachée aux siens pour vivre dans une institution gouvernementale, Homeland. Avec d’autres enfants métis, elle y est « éduquée » dans le but de devenir domestique. Ces années-là sont gravées à jamais dans sa mémoire : trop de sévices et d’injustice vont exacerber son tempérament rebelle. En Wanda grandit un projet de vengeance : retrouver ce père qui les a abandonnées, elle et sa mère. Pour cela, elle doit fuir… Tout au long de son périple jalonné de rencontres extraordinaires et d’épreuves initiatiques, dans l’immense territoire australien, la jeune fille saura-t-elle pardonner, réconcilier ses deux cultures et trouver, enfin, l’amour et la paix ?

2 thoughts on “ Vengeance ensorcelante ”

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