Los Angeles, aujourd’hui.
La cérémonie des Oscars va commencer.
Plus de trois mille personnes dans la salle.
Soudain, une explosion.
Au cœur du chaos, très vite, les rumeurs courent. Julia
Roberts, Steven Spielberg, Al Pacino… Qui est mort, qui est blessé ?
Dans cet Hollywood qui pleure ses icônes, Angie, une jeune réalisatrice française, Russ, un vieux producteur californien, et Burt, un humoriste new-yorkais, se croisent pendant quelques jours.
Entre amours perdues, sidération et passion du cinéma, chacun se demande : de quoi sera fait le futur, sans tous ces visages familiers qui ont façonné nos rêves ? (quatrième de couverture).

Scottcortex_250J’ai reposé cet ouvrage, une fois la lecture finie, avec le sentiment d’avoir rarement été aussi touchée. Je l’ai trouvé très dérangeant, pas mal perturbant. Addictif. Émouvant parfois. J’ai attendu plusieurs jours avant d’en écrire une chronique. Je l’ai tournée dans tous les sens, souvent insatisfaite du résultat. Je décide donc de partager plutôt avec vous mes interrogations et les méandres de mon ressenti…

J’ai été d’abord troublée : que penser du choix d’écrire un roman sur ce thème ? D’imaginer un attentat ? D’en faire la scène d’un roman haletant. Faut-il y voir un opportunisme ? De l’outrecuidance ? De l’inventivité ? Est-ce dérangeant ? Jusqu’à quel point ? Et en tant que lecteur, que penser du fait de se sentir parfois voyeur ?

J’ai été choquée, attristée et plus encore. On ne peut clairement rester insensible face au récit d’un attentat, qui plus est dans le milieu du spectacle (dans lequel j’évolue en outre) et qui évoque et rappelle forcément tous les drames vécus à Paris, à Manchester et ailleurs…

J’ai – malgré moi parfois – été happée : par une intrigue très bien construite, une tension permanente, des personnages très attachants, la tristesse et la profondeur du propos. En bref par un page-turner des plus efficaces…

J’ai eu un peu honte : oui il me faut le reconnaître – j’ai voulu au fil de l’intrigue savoir toujours un peu plus qui des célébrités que je connais, sortirait ou non indemne de l’explosion. Et pourtant, je me défends d’être attirée par les peoples.

Et j’ai eu beau me répéter que ce n’était qu’une fiction, j’ai été bizarrement bouleversée en découvrant la liste des victimes qui s’étale sur plusieurs pages : Brad Pitt décapité, Meryl Streep empalée, Léonardo Di Caprio décédé, Kate Winslet décédée, Julia Roberts blessée, Al Pacino décédé… Tout un monde artistique décimé.

J’ai aimé plus que tout les réflexions latentes et toute la portée de ce roman : la peur, le choc, l’horreur, l’anéantissement, le travail de deuil, le doute, l’importance de la culture et de l’art dans notre société, dans nos vies, la fascination pour le star system – à tort ou à raison – l’amour virtuel porté à nos icônes, le pouvoir de la fiction, les échecs de notre société, le sens de nos vies, …

Voilà. Quelques réflexions partagées sur un roman complexe. Envie d’en parler avec d’autres lecteurs. Ou pas. En tous cas, un livre que je n’oublierai pas de si vite. Merci aux éditions Stock de m’avoir permis de le lire par le biais de Netgalley.

Ann Scott, Cortex, Stock, 2017, ♥♥♥♥♥

One thought on “ C’est du cinéma… ”

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